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KONYA SELDJOUKIDE (19 PHOTOS).

 

 

 

Medersa Ince Minare.

 

 

 

 

 KONYA

 

 

 SELDJOUKIDE 

 

 

 

 

 

Medersa Karatay : faïence d'un palais seldjoukide.

  

 

 

 1

 

 

LA MOSQUÉE ALAADDIN

 

 

 

Le coeur historique de Konya est le parc Alaaddin, qui occupe une colline, d'où partent les avenues principales (Alaaddin, prolongée par Mevlana). Au nord, un pan de mur, protégé par un dais de béton, est le seul reste d'un palais seldjoukique détruit par un séisme.

Deux des plus belles medresas : Karatay et  Ince Minare ont été  construites sur le boulevard Alaaddin, artère circulaire entourant la colline.

 

 

Achevée sous le règne du sultan Alaaddin Keybuhat en 1221, la mosquée Alaaddin est la plus ancienne de Konya.

 

 

 

 

La salle de prière hypostyle me rappelle certaines mosquées andalouses. Une partie des chapiteaux des 42 colonnes, plus élaborés, sont romains et byzantins.

 

 

 

 2

 

 

LA MEDERSA KATARAY

 

 

 

 

 

 

C'est une des écoles coraniques seldjoukides les plus remarquables de Konya.

Située au nord de la colline Alaaddin, elle est construite en 1251 par l'émir Celaleddin Karatay.

Le portail de marbre polychrome est décoré de fines colonnettes torsadées et d'entrelacs.

 

 

 

 

Je m'attarde dans la cour, très agréable, avec une treille, et un puits. Poteries et objets de pierre sont mis en valeur.

 

 

La grande salle est magnifiée par les céramiques bleues, turquoises et noires de la voûte et des murs.

 

 

 

 

Celles-ci sont décorées d'entrelas, de versets du Coran, de motifs géométriques.

 

 

 

 

La coupole de 12 mètres de diamètre est raccordée aux murs par quatre pendentifs triangulaires recouverts de céramique, ornée de frises.

 

 

Dans ce musée de céramiques, un logo indique qu'il est interdit de photographier. Après un moment d'observation, je tente le coup.

Le surveillant a disparu et les visiteurs sont rares.

Mes premières photos sans flash sont floues...

 

 

Une des salles expose des carreaux de faïence venant du palais d'été du sultan.

 

 

 

Animaux et êtres humains sont représentés dans des cadres en forme d'étoile ou de croix.

Le sarcophage de l'émir Karatay occupe une petite salle.

Tapis et livres précieux complètent la collection.

 

 

Dans la cour, je remarque une affiche.

Elle m'apprend que du 7 au 17 décembre, il y aura sema, danse soufie, tous les jours !

Je décide de m'en occuper le lendemain matin, 7 décembre, jusqu'à ce que  j'obtienne un billet pour le 7 ou le 8.

 

 

 

  3

 

 

LA MEDERSA INCE MINARE

 

 

 

 

 

 

J'y arrive peu avant la fermeture, juste avant la tombée de la nuit. L'école doit son nom à son minaret élancé : ince minaret.

 

 

 

 

Le portail est magnifique, avec sa décoration sculptée associant versets du Coran et motifs géométriques.

 

 

 

L'intérieur est envahi par des élèves, qui butinent ça et là.

Quel agréable contraste avec le silence austère qui régnait dans la medersa Karatay !

Tout le monde photographie comme il lui plaît.

 

 

De plus, l'aménagement est plus chaleureux. Plusieurs bancs invitent à prendre son temps.

De superbes stèles sculptées sont disposées dans la grande salle, sous le dôme de briques décoré de tuiles bleues et noires.

Elle représentent animaux, génies ailés, chimères.

 

 

 

 

 

 

D'autres pierres sont sculptées de versets du Coran, de motifs géométriques, etc.

 

 

L'ancienne école s'appelle aujourd'hui Musée de la sculpture sur bois et sur pierre.

Dans une autre salle, nombreux objets de pierre : sarcophages, stèles tombales, èlèments de portail,...

On y trouve aussi des objets en bois : portes sculptées...

 

 

 

 4

 

 

LA MEDERSA SAHIB ATA

 

 

 

C'est une excellente surprise. Je ne m'attendais pas à un lieu aussi passionnant.

La mosquée a été construite en 1258 par le vizir Sahib Ata.

Le portail de la mosquée est décorée d'entrelas, de versets du Coran sculptés dans la pierre, de colonettes sculptées dans la pierre et de motifs géométriques en briques. 

Le second minaret a été détruit, comme la grande majorité des bâtiments du complexe religieux du XIIIe siècle.

 

 

Ce lieu particulier est gratuit alors que les deux medressas les plus connues délivrent un ticket de 3 liras.

Ensuite, deux policiers s'occupent de la surveillance. Comme ils discutent, je peux photographier à ma guise.

 

 

La grande salle est belle avec sa coupole de briques roses.

Mais je passe beaucoup plus de temps dans une salle latérale, qui abrite six sarcophage de céramique.

 

 

 

 

 

La voûte, les murs, les sarcophages révèlent des trésors de raffinement.

 

 

 

 

 

De nombreux détails m'intéressent.

 

 

 

 

Dans d'autres salles, les collections sont de haute qualité.

De nombreux tapis (du XVIIe au XXe siècles) sont accessibles, grâce à des panneaux coulissants.

Les manuscrits seldjoukides, ornés d'enluminures, sont très beaux.

 

 

 

 

 

 

On présente aussi des lettres, des objets d'art...

 

 

 

 Berat de 1278 (monogramme)

 

 

 

 

 

Les lampes me rappellent celle de la fontaine d'ablutions du couvent des derviches Mevlana.

 

 

La medersa Sircali, comparée aux trois autres, ne présente aucun intérêt.  Des bureaux occupent les salles au rez de chaussée comme à l'étage. Pourquoi déranger des salariés en plein travail ?

Au fond de la cour, des lambeaux de mosaïques sur la voûte et les murs font pitié.

La petite salle à droite de l'entrée abrite des sarcophages. Ils sont nus. Aucune céramique, nul brocard ne les couvrent.

Est-ce une preuve de respect, à l'approche de l'hiver, pour des ancêtres respectables ?

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

9/12/2012: SEMA : DANSE des DERVICHES TOURNEURS (Konya) (16 PHOTOS).


8/12/2012: APHORISMES de RUMI (Konya).


7/12/2012: MUSÉE DE MEVLANA RUMI (KONYA) (11 PHOTOS).


6/12/2012: PAS DE MAUSOLEE POUR RUMI (KONYA) (poème)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 


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Publié à 10:54, le 10/12/2012 dans B15. TURQUIE, Konya
Mots clefs :

SEMA : DANSE des DERVICHES TOURNEURS (Konya) (16 PHOTOS).

 

 

 

 

 

 

SEMA : DANSE

 

des

 

DERVICHES TOURNEURS

 

 

 

(Konya)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

Du 7 au 17 décembre 2012, Konya est en fête.

De nombreux évènements préparent l'anniversaire du décès de Mevlana Djalal-od-din RUMI (17 décembre 1273).

L'évènement majeur est la danse des derviches tourneurs, qui est donnée chaque soir et deux fois par jour le week end.

 

 

 

 

Elle a lieu au centre culturel de Mevlana, flambant neuf, inauguré en 2004. Le sema dispose d'une magnifique salle circulaire, dont les gradins accueillent 3500 places.

Aujourd'hui, samedi 8 décembre 2012, j'assiste à la séance de 15h assis dans le bloc E à la place 88.

 

 

J'obtiens cette place avec difficulté. L'achat de ticket n'étant possible que par internet, j'utilise ma carte bancaire. Mais la transaction est refusée.

Motif : le site n'a pas le label "code secure mastercard"...

 

 

À l'office du tourisme, on m'indique une solution : ouvrir dans une banque un compte au nom d'un Turc. Y déposer 20 liras (coût du billet). Réclamer le récipissé du dépôt et du compte. Enfin, obtenir l'achat du billet par le Turc, mais à mon nom !

Ce qui fut fait hier. Mais cela m'a pris trois heures...

Du coup, la soirée inaugurale du vendredi affiche complet. Je retiens une place pour le lendemain.

 

 

 

2

 

 

 

Il y a des discours, heureusement brefs, de cinq personnes. Dont le ministre de la culture, je crois.

Je reconnais deux ou trois salariés de l'office du tourisme au premier rang du bloc E. Des photographes sont assis par terre à la périphérie de la piste.

 

 

Le spectacle commence vers 14h20 par un concert tout public. Accompagné d'un orchestre, un crooner susurre des mélodies, dont raffolent les dames. Une jeune femme derrière moi glousse de plaisir. Elle connaît les paroles de certains airs.

Je m'ennuie ferme...

 

 

Vers la fin, le chanteur se tait. Un flûtiste se lance dans un solo remarquable. Cela me réveille.

Mais le crooner reprend le crachoir et l'ennui redouble.

Enfin vers 15h, chanteur et musiciens laissent place aux musiciens derviches.

 

 

Après l'installation des musiciens, un derviche pose des tapis au bord de la piste.

Les derviches tourneurs arrivent en file, saluent un à un le public devant l'orchestre.

 

 

 

3

 

 

 

Ils se placent autour de la piste, à la suite de leur Maître. Les vingt-quatre derviches s'agenouillent sur un tapis. Ils se tiennent immobiles, têtes baissées.

Un derviche de l'orchestre chante d'une voix grave un air lent, profond et inspiré. Soulagé, j'exulte. La cérémonie commence vraiment.

 

 

Une flûte de roseau prend le relai.

 

 

 

 

 

Sa mélodie grave, méditative, me fait songer à une steppe aux herbes balayées par le vent, au-dessus de laquelle un aigle plane lentement.

Sur la musique et dans une lumière rouge, huit derviches et le Maître avancent, tournent sur eux-mêmes, puis forment une ronde. À pas lents et souples, ils avancent avec précaution...

 

 

 

 

 

Passant près de leur tapis, les huit retirent leur manteau noir, apparaissent en robe blanche.

Sous une lumière rouge, ils s'alignent au bord de la piste devant le maître et le contremaître. Ils attendent, mains croisées sur les épaules.

 

 

 

 

Comme libéré, chacun passe devant le Maître, s'incline, puis se lance.

 

 

Alors un ballet magnifique se développe.

Sous une lumière jaune, vingt-deux derviches dansent sur la piste, tournoient, comme vingt-deux planètes lancées dans l'espace infini.

Leurs robes blanches ondulent. Une main levée, l'autre dirigée vers le sol, ils tournent de leur mouvement propre, comme soulevés par la joie.

 

 

 

 

 

 

 

 

La danse s'arrête quand les derviches se regroupent, par deux ou trois, au bord de la piste.

En manteau devant son tapis, le Maître n'a pas bougé. Et les derviches viennent s'incliner devant lui, un à un.

 

 

 

 

Puis ils se lancent dans une autre ronde.

 

 

L'éclairage devient vert clair.

Les derviches décomposent chaque pas, le cercle se forme.

 

 

 

 

 

Flûtes, cordes et percussions jouent une musique lancinante sur des chants graves.

De nouveau, la valse des planètes s'amplifie, occupe toute la piste circulaire... Les danseurs jouent aussi de leurs bras, regroupés sur leur poitrine ou s'écartant vers le ciel.

 

 

 

 

Nouveau regroupement au bord de la piste, par deux ou trois.

Mains croisées sur les épaules, chaque derviche s'incline.

Un derviche, qui a gardé son manteau, salue le Maître et les autres en robe blanche l'imitent. Alors commence une troisième danse générale.

 

 

Les projecteurs habillent la salle en bleu.

Les vingt-deux corolles blanches se déploient, tourbillonnent à l'imitation des planètes.

Debout, le Maître reste immobile, tel un soleil. Le contremaître en manteau marche sur la piste en regardant l'orbite des danseurs.

 

 

 

 

Musique et chants sont plus rapides, rythmés comme des choeurs de l'armée russe.

Les derviches décrivent leurs rotations et leurs révolutions, tête inclinée comme la Terre, ivres d'espace.

 

 

 

 

 

Les danseurs se regroupent de nouveau.

 

 

 

 

 

Sous une lumière blanche, les derviches reprennent leur ronde et leur valse cosmique.

Le contremaître salue le Maître, surveille la danse environnante. Cette fois, le Maître entre lentement dans le cercle. Comme le noyau d'un atome, il forme l'élément stable, autour duquel les électrons gravitent.

 

 

 

 

 

 

 

Quand cette danse s'arrête, je regarde ma montre : une heure pile. Ce doit être la durée habituelle d'un sema.

Sous une lumière rouge, les derviches rejoignent leur tapis, revêtent leur manteau et attendent.

Le Maître s'agenouille sur son tapis et tous l'imitent.

 

 

Les musiciens saluent lentement. Le Maître traverse la piste, salue devant l'orchestre.

Certains spectateurs applaudissent. D'autres remuent dans les gradins, impatients de se lever.

En file, les derviches marchent jusqu'à l'orchestre, saluent le public et disparaissent dans les gradins.

Il est 16h, un autre sema les attend vers 21h.

 

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

1/02/2013: DANSES DANS LA VILLE (Tbilisi) (11 PHOTOS)

 

10/12/2012: KONYA SELDJOUKIDE (19 PHOTOS).


8/12/2012: APHORISMES de RUMI (Konya).


7/12/2012: MUSÉE DE MEVLANA RUMI (KONYA) (11 PHOTOS).


6/12/2012: PAS DE MAUSOLEE POUR RUMI (KONYA) (poème)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 


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Publié à 08:23, le 9/12/2012 dans B15. TURQUIE, Konya
Mots clefs :

APHORISMES de RUMI (Konya).

 

 

 

APHORISMES

 

 

de RUMI

 

 

 

(Konya)

 

 

 

 

 

* Quiconque demeure loin de sa source aspire à l'instant où il lui sera à nouveau uni.

 

 

~ L'homme est un oeil, le reste n'est que chair ; la vue de cet oeil, c'est voir le Bien-Aimé.

 

 

* Choisis l'amour de ce Vivant qui est éternel, qui te donne à boire de ce vin qui augmente la vie.

 

 

* Enracine l'amour des saints dans ton esprit ; ne donne ton coeur à rien d'autre qu'à l'amour de ceux dont les coeurs sont joyeux.

 

 

* Ces amours qui sont pour une apparence extérieure ne sont pas l'amour : à la fin, elles sont une calamité.

 

 

~ Ce monde est une prison et nous en sommes les prisonniers : Creuse un trou dans la prison et évade-toi !

 

 

~ La connaissance est le sceau du royaume de Salomon. Le monde entier est forme et la connaissance est esprit.

 

 

~ Quand la connaissance est acquise par l'expérience mystique, elle devient une aide ; quand la connaissance est acquise par les sens, elle devient un fardeau.

 

 

* Combien de temps t'amuseras-tu à aimer la forme de l'aiguière ? Laisse là sa forme ; va chercher l'eau.

 

 

* Va, recherche la réalité, ô adorateur de la forme, car la réalité est l'aile sur le corps de la forme.

 

 

* Combien de temps considéreras-tu la forme ? Après tout, ô adorateur de la forme, ton âme dépourvue de réalité n'a-t-elle pas échappé à la forme ?

 

 

~ Les jours du corps sont accrus par l'esprit : vois ce que devient le corps quand l'esprit l'a quitté.  

 

 

* Quiconque vit agréablement meurt péniblement, quiconque sert son corps ne sauve pas son âme.

 

 

* L'état florissant du corps est le dénuement de l'âme. Hate-toi ! Tu dois laisser ce corps dépérir et cette âme grandir.

 

 

~ De même que tu es pitoyablement épris du pain quotidien, le pain quotidien, lui aussi, est épris de celui qui le consomme.

 

 

~ Comment un soufi s'affligerait-il de la pauvreté ? L'essence même de la pauvreté devient sa nourriture et son aliment.

 

 

~ Le péché d'Adam provint de son estomac et des relations sexuelles et celui d'Iblis (Démon) de l'orgueil et du pouvoir.

 

 

~ Perçois la distinction et choisis de préférence, ô prisonnier, l'esclavage d'Adam à l'orgueil du Démon.

 

 

* Tu as serré fermement tes mains sur "Je" et "Nous" : Toute ruine spirituelle est causée par la dualité.

 

 

* Tous les hommes sont des enfants, excepté celui qui est enivré de Dieu ; nul n'est un adulte, excepté celui qui est libéré des désirs sensuels.

 

 

~ Purifie-toi des attributs du "moi", afin de pouvoir contempler ta propre essence pure.

 

 

~ Quand le miroir de ton coeur deviendra clair et pur, tu contempleras des images en dehors de ce monde d'eau et d'argile.

 

 

* Si ta pensée est une rose, tu es une roseraie. Si tu es une épine, tu es fagot pour le feu du hammam.

 

 

* Dieu a créé des centaines de milliers d'élixirs, mais l'homme n'a pas vu d'élixir tel que la patience.

 

 

* La patience est couronnée par la foi. Quiconque est dépourvu de patience n'a pas de foi.

 

 

~ La nourriture originelle de l'homme est la Lumière de Dieu : la nourriture de l'animal ne lui convient pas.

 

 

~ Par l'amour, la lie devient limpide. Par l'amour, la souffrance devient guérison.

 

 

~ Mais si son médecin est la Lumière de Dieu, il n'y a pas de perte ou de privation qu'il supportera de la vieillesse et de la fièvre.

 

 

~ S'il est un ennemi pour toi, ta bienveillance est une bonne chose, car grâce à la bienveillance plus d'un ennemi est devenu un ami.

 

 

* Ne cherche pas l'eau, mais deviens assoiffé, pour que l'eau puisse jaillir d'en haut et d'en bas.

 

 

* En vérité, dans la faim se trouve une abondante nourriture : cherche-la diligemment et chéris l'espoir de la trouver, ô égaré  !

 

 

~ Ne monte pas sans bride sur un cheval rétif ; fais de la Raison et de la Religion ton guide et pars.

 

 

~ Dans ce monde, tu possèdes trois compagnons de route : l'un est fidèle et les autres sont perfides.

 

 

* Le désir ferme l'oreille et l'empêche d'entendre ; l'attachement à soi-même ferme l'oeil et l'empêche de contempler.

 

 

~ L'âme charnelle à la glorification de Dieu sur la langue et le Coran dans sa main droite ; mais dans sa manche, se trouvent poignard et épée.

 

 

~ Les prophètes dirent : le désespoir est un péché : la grâce et les bienfaits du Créateur sont infinis.

 

 

~ La vie sans repentir est une agonie ; être absent de Dieu est la mort immédiate.

 

 

~ Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. Récite ceci. Le but final du monde n'est autre que l'adoration de Dieu.

 

 

* L'atelier et le trésor de Dieu sont dans la non-existence. Tu es leurré par l'existence : comment saurais-tu ce qu'est la non-existence ?

 

 

* Il convient que nous soyons non existants en présence de Son Être : en Sa présence, qu'est notre être ? Aveugle et sombre.

 

 

* Partout où se trouve une souffrance, le remède s'y dirige ; partout où existe la pauvreté, le secours y va.

 

 

* Le pouvoir qui n'est pas juste, considère le comme n'ayant aucune puissance.

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

10/12/2012: KONYA SELDJOUKIDE (19 PHOTOS).


9/12/2012: SEMA : DANSE des DERVICHES TOURNEURS (Konya) (16 PHOTOS).


7/12/2012: MUSÉE DE MEVLANA RUMI (KONYA) (11 PHOTOS).


6/12/2012: PAS DE MAUSOLEE POUR RUMI (KONYA) (poème)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 


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Publié à 18:51, le 8/12/2012 dans A3. LITTERATURE : liens, Konya
Mots clefs :

MUSÉE DE MEVLANA RUMI (KONYA) (11 PHOTOS).

 

 

 

 

 

 

 MUSÉE DE MEVLANA RUMI 

 

 

(KONYA)

 

 

 

 

 

 

 

 

"J'étais inculte, j'ai mûri et je me suis brûlé".

(Djalal od-din RUMI).

 

 

 

 

 1

 

 

 

C'est l'ancien couvent des derviches tourneurs, construit à l'époque de Rumi (le tekke).

Peu à peu, d'autres bâtiments ont été ajoutés : des mausolées, une fontaine aux ablutions, deux autres fontaines dans la cour intérieure, une salle pour le sema, une cuisine, etc.

Le mausolée de Rumi date de 1274 et le fameux dôme vert de 1396 (architecte : Tebrizli Bedreddin).

En 1926, le couvent est transformé en musée. Le nom de musée Mevlana, avec un nouvel aménagement, date de 1954.

 

 

Le lundi, il ouvre à 10h au lieu de 9h.

Je change d'hôtel avant 9h. Le quatrième visité est le bon, situé dans le bazar. L'Aziziye Osteli me coûte 25 liras la nuit au lieu de 40 pour l'Ostel Ankara.

 

 

Le temps est nuageux, assez venté. J'arrive au musée vers 9h30. Je photographie les toits du musée, avec le dôme vert, cône cannelé entièrement recouvert de faïence.

La mosquée Selimiye voisine avec le tekke sur la Mevlana caddesi.

Dans une boutique, je cherche des livres de Rumi traduits en français. Rien en français, à part quelques livres touristiques.

 

 

2

 

 

À 10h, j'entre avec une dizaine de lève-tôt. Tournée dans le jardin. Curieusement, je n'ai pas envie d'entrer tout de suite dans les bâtiments.

Dans la boutique du musée, je trouve enfin le Mesnevi, en six volumes, traduit en français par Eva de Vitray-Meyerovitch, la grande spécialiste de Rumi (malheureusement décédée).

Il coûte 120 liras.

 

 

Installé sur un banc du jardin, je feuillette l'introduction, saute au début du livre I : la plainte du roseau séparé du Bien-Aimé.

Voilà qui vaut toutes les visites de musée !

Quand j'émerge du texte, je constate que les visiteurs sont plus nombreux. Entrons avant l'afflux qui s'annonce...

 

 

3

 

 

 

 

 

 

La cour intérieure du couvent est entourée de cellules, dont une partie présente des objets des derviches tourneurs.

Une fontaine kiosque aux ablutions date de 1512.

 

 

 

 

 

À droite, les fidèles passent des chaussons de plastique sur leurs chaussures avant d'entrer dans le mausolée de Rumi.

Photographier est interdit. Fort bien. Se désintoxiquer de la photo est salutaire.

 

 

 

 

 

 

 

On défile devant les cercueils des Celebis, recouverts de brocards rouges et dorés. Sur le mur blanc, de magnifiques calligraphies noires et rouges.

Le mausolée est un compromis entre le minaret et une grande salle classique sous voûte. Le sarcophage de Rumi trône en majesté dans cette salle haute et vaste. Cela ressemble aux pharaons gisants dans une pyramide. La décoration est fastueuse, digne d'un nabab oriental.

Dans les salles voisines, des dizaines de sarcophages sont ceux de sa famille, de ses fidèles les plus proches et des dirigeants successifs du couvent de derviches.

 

 

Les gens passent, prient face au sarcophage, paumes levées vers le ciel et continuent le circuit. Les gardiens se collent à un radiateur mobile. Il fait froid à l'intérieur de ces murs. Je regarde les plafonds des salles, les objets exposés : livres enluminés comme le Mesnevi.

Le Semahane, construit sous Soliman le Magnifique, accueillait le sema, la danse des derviches tourneurs. Aujourd'hui, il contient des exemplaires précieux du Coran.

 

 

Un Turc m'aborde en allemand, avant de passer à l'anglais :

- "Bonjour ! Je peux vous renseigner si vous voulez. Je vis à Konya depuis vingt ans. Comme guide, je connais très bien ce musée. Regardez cette lampe ! Elle sert de miroir pour les disciples..."

Ce guide est intarissable. Son discours semble fonctionner en pilotage automatique. Si je l'écoute, il va débiter cet anglais exécrable pendant une heure...

 

 

- "C'est intéressant, mais je préfère visiter seul, en silence..."

- "Mais vous êtes Français ! Je peux parler français car j'ai fait des études à Paris. Je suis content de parler français avec vous ! Avez-vous des questions sur Mevlana et les derviches ? Je peux répondre à toutes vos questions !"

J'arrive à me débarrasser de lui en souplesse.

- "Nous nous reverrons ! Je séjourne à Konya et je reviendrai au musée Mevlana."

 

 

Après 11h30, des groupes défilent sans interruption, embouteillant les trois salles. Élèves menés par des institutrices et femmes voilées guidées par un homme... Les hommes sont très minoritaires parmi les visiteurs. Apparaissent aussi des groupes d'étrangers, dont des Français. Mon guide réussit à capter l'attention d'un groupe.

Cette foule devient pénible et je sors dans la cour intérieure.

 

 

 

4

 

 

 

 

 

On se photographie devant la fontaine aux ablutions.

Toute la journée, les éclaircies ensoleillées alternent avec les averses.

 

Un petit cimetière exhibe quelques stèles au milieu de roses rouges.

 

 

 

 

Petit tour dans la cuisine, à gauche de la cour.

Reconstitution de scènes. Des mannequins de derviches font des achats pour le couvent, près du feu de cuisson et s'entraînent dans la grande salle à des activités intellectuelles.

 

Dans la cour, la plupart des tombes et mausolées sont inaccessibles, isolés par des rubans de protection.

Le site est en chantier continuel. Sur des échaffaudages de la façade principale, des ouvriers travaillent, puis se mettent à l'abri quand la pluie revient en force.

 

Trois fontaines attirent dans trois parties de la cour.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je finis la visite par les cellules des derviches.

On y expose de nombreux objets : manuscrits précieux, vêtements, meubles anciens, instruments de musique...

 

 

 

 

 

Devant les cellules, des panneaux expliquent des points historiques ou philosophiques de la vie des derviches de Konya. Quelques citations de Rumi sont les bienvenues.

Une petite encyclopédie sur écran donnent informations et photos sur la vie de Rumi, sa famille, ses disciples, ses oeuvres, etc.

 

 

 

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

10/12/2012: KONYA SELDJOUKIDE (19 PHOTOS).


9/12/2012: SEMA : DANSE des DERVICHES TOURNEURS (Konya) (16 PHOTOS).


8/12/2012: APHORISMES de RUMI (Konya).


6/12/2012: PAS DE MAUSOLEE POUR RUMI (KONYA) (poème)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 

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Publié à 09:47, le 7/12/2012 dans B15. TURQUIE, Konya
Mots clefs :

PAS DE MAUSOLÉE POUR RUMI (KONYA) (poème)

 

 

 

PAS DE MAUSOLÉE

 

 

POUR RUMI

 

 

 

(KONYA)

 

 

 

 

 1

 

 

 

 

L'homme réclame des mausolées

 

pour adorer, prier, rendre hommage

 

 

 

Rumi, tu ne reposes pas ici

 

ton esprit s'enivre en sa source

 

 

 

ta parole creuse dans les âmes

 

des gouffres d'extase

 

 

 

ta danse de phalène altérée

 

de lumière nous enchante

 

 

 

 

2

 

 

 

Après la mort du père de Rumi

 

ceux qui l'aimaient voulaient

 

faire construire

 

un mausolée sur son tombeau.

 

 

 

Rumi refusa cette demande en disant :

 

"Existe-t-il un meilleur mausolée

 

que la voûte du ciel ?"

 

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

10/12/2012: KONYA SELDJOUKIDE (19 PHOTOS).


9/12/2012: SEMA : DANSE des DERVICHES TOURNEURS (Konya) (16 PHOTOS).


8/12/2012: APHORISMES de RUMI (Konya).


7/12/2012: MUSÉE DE MEVLANA RUMI (KONYA) (11 PHOTOS).

 

4/10/2012: MUSIQUE ET DANSE DERVICHE TOURNEUR (Istanbul, 5/10/2012).

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 


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Publié à 10:31, le 6/12/2012 dans A1. POEMES : liens, Konya
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ARRIVÉE NOCTURNE À KONYA (3.XII.2012).

 

 

ARRIVÉE NOCTURNE

 

 

À KONYA

 

 

 

 

Enfin à Konya !

Je lis Rumi depuis fort longtemps et je rêvais de voir cette ville où il est devenu lui-même.

À Pamukkale, je souhaitais écrire quelques heures, faire une dernière virée dans l'après-midi et ne prendre un car que le soir. Je serai arrivé à Konya le lendemain matin.

 

 

Mais après le petit-déjeuner, l'ordinateur de l'auberge multiplie les problèmes de connection. Exaspéré, je décide vers 10h de partir illico presto. En dix minutes je boucle mon sac et le pose sur le trottoir de la place. Un minibus pour Denizli passe à 10h30.

 

 

À la gare routière de Denizli, vers 11h15, j'interroge toutes les compagnies de bus pour partir aussitôt vers Konya.

Mais les cars de 11h30 et 12h30 sont pleins, sans doute parce que c'est dimanche.

Résigné, j'achète un billet pour le car de 13h30 (40 TL).

 

 

En réalité, le car de 13h30 ne démarre qu'à 14h.

Sept heures de trajet... La route longe plusieurs lacs.

Les trois arrêts sont les bienvenus.

 

 

L'arrivée à Konya est très décevante.

Vers 21h, le car traverse une banlieue interminable.

À la gare routière, je me renseigne sur les horaires des cars allant en Cappadoce. Deux compagnies, Yeni Aksaray et Metro, la déservent pour le même prix : 30 TL. 

À l'arrêt du tramway n. 2, un jeune homme me salue. Nous échangeons nos prénoms. Il s'assied près de moi dans la rame. Ayant épuisé ses ressources en anglais, il se tait. Cela me convient car j'aime apprendre à connaître une ville quand j'y arrive. Une dizaine de stations se succèdent, mais les avenues restent vides, bétonnées, sans trace d'une véritable vie urbaine...

 

 

Au terminus, à Alaaddin, je découvre enfin Konya.

De nombreux jeunes discutent sur la place, fréquentent fast food et cafés. J'espère trouver un hôtel sur la Mevlana caddesi, qui mène directement au musée Mevlana.

 

 

Sans m'arrêter dans deux hôtels trois étoiles, je repère Ankara Otel, qui devrait être dans mes prix.

Pour une chambre double, le réceptionniste m'annonce 50 liras, que je ramène à 40 TL.

C'est deux fois le prix que je paye à Istanbul pour un lit en dortoir. Cela ira pour une nuit. Pour des nuits supplémentaires, je trouverai moins cher demain matin dans le bazar. 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 

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Publié à 09:24, le 5/12/2012 dans B15. TURQUIE, Konya
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