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"JE N'ENSEIGNE PAS, JE RACONTE" (MONTAIGNE). VAGABONDER vers le SOLEIL LEVANT sur la CROUTE du MONDE : PARIS, PRAGUE, BUDAPEST, SOFIA et RILA, ISTANBUL, APHRODISIAS, PAMUKKALE, KONYA, la CAPPADOCE (GOREME, PASABAG, ZELVE, CAVUSIN, NEVSEHIR, KAYMAKLI), l'ARMÉNIE et la GÉORGIE (UN PEU PARTOUT !)


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19/12/2012: MONTGOLFIERES EN CAPPADOCE (1 PHOTO)


18/12/2012: KAYMAKLI : CITE SOUTERRAINE DE CAPPADOCE (6 PHOTOS)


17/12/2012: LA VALLEE ROSE (CAVUSIN, CAPPADOCE) (27 PHOTOS)


16/12/2012: LA VALLEE ROSE (2) (CAVUSIN, CAPPADOCE) (8 PHOTOS)


15/12/2012: LE CIRQUE DE ZELVE (CAPPADOCE) (20 PHOTOS)


14/12/2012: GOREME : EGLISES TROGLODYTES RUPESTRES (CAPPADOCE) (12 PHOTOS)


13/12/2012: CAPPADOCE : DE LA METAMORPHOSE (poème géomorphologique) (10 PHOTOS)


12/12/2012: PASABAG : CHEMINEES DE FEE (CAPPADOCE) (5 PHOTOS)


10/12/2012: KONYA SELDJOUKIDE (19 PHOTOS).


9/12/2012: SEMA : DANSE des DERVICHES TOURNEURS (Konya) (16 PHOTOS).


8/12/2012: APHORISMES de RUMI (Konya).


7/12/2012: MUSÉE DE MEVLANA RUMI (KONYA) (11 PHOTOS).


6/12/2012: PAS DE MAUSOLEE POUR RUMI (KONYA) (poème)


5/12/2012: ARRIVÉE NOCTURNE À KONYA (3.XII.2012).


4/12/2012: APHRODİSİAS (11 PHOTOS) (1/12/2012).


3/12/2012: PAMUKKALE : les TRAVERTINES (20 PHOTOS).


1/12/2012: PAMUKKALE (2 PHOTOS) (30.XI.2012).

 

30/11/2012: DİEUX MORTELS (Hierapolis) (Pamukkale, 1/12/2012).

 

 

 



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Publié à 10:07, le 19/12/2012 dans B15. TURQUIE, Turquie
Mots clefs :

MONTGOLFIERES EN CAPPADOCE (1 PHOTO)

 

 

 

MONTGOLFIÈRES

 

 

EN

 

 

CAPPADOCE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapeau les artistes !

Par un coup de marketing fabuleux, pour des millions de touristes dans le monde, Cappadoce et tour en montgolfière sont devenus synonymes.

 

 

Ils viennent en Cappadoce survoler les vallées et leurs cônes, falaises et cheminées de fée. Et s'ils manquent de temps, ils supprimeront la randonnée prévue.

Mais pas question de se passer de leur baptême de l'air au-dessus de ces trésors de la nature !

Et cela, quel qu'en soit le prix... 

 

 

Dans mon auberge de Göreme, on propose un vol en ballon pour 100 euros.

Et ce ne sont pas les plus chers, loin de là !

Les trésors de la nature enrichissent des professionnels malins de l'exploitation touristique.

 

 

Avec cette somme, je voyage en Cappadoce pendant une semaine. Randonner dans les plus belles vallées ne coûte rien. Et ressource auprès de la nature les pauvres citadins que nous sommes.

Mon choix est vite fait : pas de vol en montgolfière !

 

 

Pour ceux qui espéraient lire un reportage sur un vol de montgolfière, toutes mes excuses.

Avant d'écrire cet article, je n'ai fait aucune étude de marché.

Écrire dans un blog, c'est disperser textes et photos à tous vents. Cela n'enrichit jamais son homme.

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

12/12/2012: PASABAG : CHEMINEES DE FEE (CAPPADOCE) (5 PHOTOS)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 10:57, le 18/12/2012 dans B15. TURQUIE, Parc national de Göreme et sites rupestres de Capp
Mots clefs :

KAYMAKLI : CITÉ SOUTERRAINE DE CAPPADOCE (5 PHOTOS, 1 CARTE)

 

 

 

 

 

 

 

 

KAYMAKLI :

 

CITÉ SOUTERRAINE

 

DE CAPPADOCE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 1

 

 

 

Du VIe au Xe siècles, l'insécurité conduit certains habitants à construire des cités troglodytes. Invisibles de l'extérieur, elles constituent un abris idéal.

La contrepartie est de vivre dans une fourmilière...

 

 

La Cappadoce compte une centaine de villes souterraines. La région au sud de Nevsehir en regorge car le tuf est un peu plus tendre.

Beaucoup sont d'ailleurs oubliées. On en découvre au hasard de labours ou de travaux publics.

Quelques cités troglodytes se visitent comme Derinkuyu, la plus grande, ou Maziköy.

 

 

 

2

 

 

 

De Göreme, un minibus gagne Nevsehir chaque demie heure. Un autre minibus relie Nevsehir à Kaymakli,  située à 20 km.

Le parking contient déja trois cars. Des groupes d'Asiatiques viennent d'arriver : Japonais et Coréens.

 

 

Pour 15 liras, on peut visiter une fourmilière, avec des touristes en guise d'insectes. En été, la foule et les bouchons interminables provoqués par des couloirs très étroits transforment certainement le circuit en épreuve.

À déconseiller formellement aux claustrophobes !

 

 

On entre dans une étable, des mangeoires sont creusées près du mur du fond, avant de descendre à gauche.

Je suppose que certains doivent marmonner une prière pour avoir le privilège de revenir sain et sauf de cette descente en enfer...

Je laisse le groupe de Japonais prendre de l'avance.

 

 

Un guide me propose ses services en français. Avant qu'il ne développe une rhétorique bien huilée, je refuse poliment.

Mon expérience de rhéteur vaut la sienne...

Pour l'aller, on suit les flèches rouges. Ensuite, les flèches noires nous ramènent jusqu'à l'entrée principale.

Impossible de se perdre, même quand on fait seul la visite.

 

 

Les espaces du village sont reconstitués sous terre : étables, entrepôts, silots, pressoirs, cuves, pièces d'habitation, salles communes, églises.

Voici une cuisine avec sa belle table de pierre :

 

 

 

 

 

Un réseaux d'étroites galeries relient ces espaces. De temps en temps, un carrefour permet de distribuer plusieurs galeries. Tout est très organisé.

 

 

 

 

 

 

Des meules de pierre peuvent fermer les galeries à la moindre alerte.

 

 

 

 

 

On ne visite jamais tous les niveaux d'une cité souterraine. Le parcours intègre une demi douzaine d'étages en moyenne.

Des escaliers permettent de circuler entre les niveaux.

 

 

 

 

 

 

Souvent, il faut avancer dans des chatières. Les personnes très corpulentes ne peuvent y passer.

Des cheminées constituent un système d'aération. Ces puits peuvent se prolonger par un réservoir à eau.

Des lampes à huile sont posées sur des niches creusées dans la roche.

 

 

Je retrouve l'air libre une heure plus tard. Il n'est pas encore 11h. J'ai le temps de découvrir le cirque de Zelve, puis les cheminées de fée de Pasabag.

 

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

12/12/2012: PASABAG : CHEMINEES DE FEE (CAPPADOCE) (5 PHOTOS)

4/01/2013: VARDZIA, CITÉ TROGLODYTE ( 7 PHOTOS).

3/01/2013: VARDZIA, CITÉ TROGLODYTE (2) (10 PHOTOS). 

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 09:36, le 18/12/2012 dans B15. TURQUIE, Kaymaklı
Mots clefs :

LA VALLÉE ROSE (CAVUSIN, CAPPADOCE) (27 PHOTOS, 1 CARTE)

 

 

 

 

 

LA VALLÉE ROSE

 

(1)

 

 

 

(CAVUSIN, CAPPADOCE)

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers 9h15, je prends à Göreme le bus d'Avanos, qui me dépose à Cavusin.

 

 

 

 

 

Son église possède de belles fresques, mais l'entrée coûte 8 liras.

J'en ai assez de payer quand je veux entrer dans une église. Serait-ce un nouvel impôt frappant les Chrétiens ?

Cette fois, je refuse de payer. Demi-tour immédiat.

 

 

Après tout, mon objectif du jour est de randonner dans la Vallée Rose. Je gagne la grande place, où un Turc me renseigne en français.

J'arrive à la mosquée en même temps qu'un car, d'où sortent des dizaines de gens bruyants. Rush dans les boutiques. Elles leur sont spécialement destinées.

Contaminé, je photographie les grands cônes et la falaise, que le soleil met en valeur.

 

 

 

 

En longeant le cimetière, j'espère y trouver de belles tombes. Je m'accorde un quart d'heure pour sillonner un terrain en pente défoncé.

Les tombes y semblent disposées au hasard.

 

 

 

 

Ensuite je reprends le chemin, qui longe des cheminées de fée, des massifs de cônes ravinés par l'érosion.

 

 

 

 

 

Le chemin rejoint une route de terre assez large accessible aux voitures. Je la quitte très vite pour mieux voir le canyon de la vallée.

L'érosion appliquée aux diverses roches donnent des reliefs variés. J'aboutis sur une place dominée par des cheminées intéressantes.

 

 

 

 

En avançant, le paysage s'élargit, prend de l'ampleur. Je marche vers des grottes, où j'espère trouver des églises rupestres...

 

 

 

 

Les fresques grattées sont très abîmées... C'est dommage, le dessin est d'une grande délicatesse.

 

 

 

 

Une marque fléchée confirme que je remonte la valllée rose, en longeant l'église et les cônes successifs.

Ces cônes m'évoquent Myconos, dont les églises couronnent une colline aux vagues de maisons blanches.

 

 

 

 

Des portes percent plusieurs cônes extérieurs. Des salles ont été creusées  dans le tuf sur un ou deux niveaux. Je relève des traces de feux de camps. On a dormi ici l'été dernier.

Avec un bon duvet, je pourrais faire de même en décembre.

 

 

 

 

 

Je traverse vignobles et vergers. Solitude bénie. Personne. Silence complet, ponctué de quelques chants d'oiseaux.

 

 

 

Plus loin, je retrouve un sentier, marqué de flèches pour vallées rose et rouge.

Il mène directement a l'église aux trois croix, vestige d'un monastère du VIIe siècle.

 

 

 

 

Le plafond est sculpté de trois grandes croix.

Belles fresques dans la nef, mais souvent rayées...

Un Christ pantocrator dans l'abside, entouré d'anges et des symboles des quatre évangélistes.

 

 

 

 

 

 

Plusieurs salles comptent des peintures, souvent très abimées.

 

 

 

 

 

En descendant la paroi abrupte de l'église, je vois arriver un jeune couple :

- "Go inside ! It's beautiful here. There is frescoes !"

 

 

Et je continue le sentier, tantôt dans le lit d'un torrent à sec, tantôt sur un haut de plateau à travers champs.

Je pille un pommier, dont les fruits à la grosseur d'abricots pourrissent sur place. Cela comble ma faim et me dispense de déjeuner jusqu'à la fin de la randonnée !

 

 

Un panneau indique l'église Ayvali. Un sentier de chèvres permet d'y accéder.

Sur le chemin, je grimpe au sommet de pitons. Le vue vaut le détour.

 

 

Malheureusement, l'église Ayvali est fermée. Elle abrite de belles peintures.

 

 

 

Mais des fresques ornent le porche de deux portes.

 

 

 

 

 

 

 

Je trouve un matelas et des couvertures dans une grotte proche.

Je cherche d'autres points de vue aux alentours de l'église. C'est un lieu très intéressant pour observer les différents types de relief.

Les conditions sont optimales : heure favorable et ciel dégagé.

 

 

Remonter le canyon rose est un plaisir par cette lumière dorée qui illumine l'atmosphère.

 

 

 

 

Plus loin, je trouve une pancarte vers la vallée rouge. Rude grimpette sur le versant...

Je vais d'abord au fond du canyon, avant de commencer l'escalade jusqu'au sommet de la ligne de crête.

 

 

Là-haut, le panorama est grandiose sur les deux parties de la vallée rose et sur la vallée rouge.

Tant de grandeur et de beauté coupent le souffle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Longtemps, je contemple sur la crête ce chaos ciselé de formes colorées. Le vent souffle par rafales.

Mais le soleil radieux compense cet inconvénient.

 

 

 

Je préfère la première partie de la vallée rose, vraiment spectaculaire et d'une grande originalité.

La vallée rouge semble commune, en comparaison.

 

 

 

 

SUITE dans :

 

16/12/2012: LA VALLEE ROSE (2) (CAVUSIN, CAPPADOCE) (8 PHOTOS)

 

 

LIENS avec ce texte :

 

19/12/2012: MONTGOLFIERES EN CAPPADOCE (1 PHOTO)

18/12/2012: KAYMAKLI : CITE SOUTERRAINE DE CAPPADOCE (6 PHOTOS)
15/12/2012: LE CIRQUE DE ZELVE (CAPPADOCE) (20 PHOTOS)

14/12/2012: GOREME : EGLISES TROGLODYTES RUPESTRES (CAPPADOCE) (12 PHOTOS)

LA VALLÉE ROSE

 

(2)

 

 

 

(CAVUSIN, CAPPADOCE)

 

 

 

 

 

 

VOIR le DÉBUT dans :

 

17/12/2012: LA VALLEE ROSE (CAVUSIN, CAPPADOCE) (27 PHOTOS)

 

 

 

 

 

Depuis la crête, descente vers la vallée rose II et la vallée rouge. Comme cadeau, l'église Hacli est déserte à mon arrivée.

 

 

 

 

 

Son abside possède une croix sculptée au plafond et des fresques classiques : Christ pantocrator, anges et archanges, évangélistes, patriarches, évêques, saints divers...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une autre salle, je repère des grafitis noirs de cavaliers.

Des matelas sont entassés dans un coin.

En contrebas de l'église, un café est ouvert, ce qui est rare en décembre. Trois jeunes Allemands font un petit tour dans l'église avant de prendre leurs aises au café.

 

 

Je descends l'escalier de bois de l'église, traverse la terrasse du café. Deux Turcs sont à l'intérieur.

M'aidant des flèches, je trouve la suite du parcours.

Après une descente depuis l'église, j'arrive assez vite dans le lit d'un torrent à sec.

 

 

 

 

Je repère un ancien monastère, sans doute, et un pigeonnier décoré.

 

 

 

 

Une montgolfière hoquète longuement, s'envole finalement au dessus de la vallée.

 

 

Le trajet  de cette vallée rose II est aisé. Le chemin file directement vers la route, qui à droite conduit à Cavusin.

La partie la plus intéressante de la randonnée est derrière moi. Cela sent l'écurie...

 

 

Quittant le sentier côté falaise, je déniche quelques grottes, passe dans le chas de deux tunnels dans le tuf.

Crapahutage au versant d'un aplomb à jouer les équilibristes.

Tout cela pour ne pas en finir trop vite...

 

 

Le seuil de la vallée atteint, j'ai envie de marcher jusqu'à Göreme. Mais auparavant, déjeunons après ce festin de pommes !

 

 

 

 

 

Vers 15h30, les zones ensoleillées gagnent les hauteurs.

Je quitte le sentier, plongé dans l'ombre, pour manger au soleil.

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 12:21, le 16/12/2012 dans B15. TURQUIE, Çavuşin
Mots clefs :

LE CIRQUE DE ZELVE (CAPPADOCE) (20 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

LE CIRQUE DE ZELVE

 

 

(CAPPADOCE)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 1

 

 

 

J'arrive à Zelve en stop. Mon jeune conducteur. qui roule vers Avanos,  avoue savourer à l'avance son vendredi après-midi :

- "J'ai échappé à la mosquée !"

- "Bonne idée ! Pourquoi ne pas prier dans la nature ? C'est un des meilleurs endroits !"

 

 

L'entrée est de 8 liras. Temps ensoleillé, mon humeur est au zénith. Aucun visiteur à cette heure du déjeuner.

Le cirque forme un large fer à cheval hérissé de cônes.

Les panneaux indiquent trois vallées. Quand on s'avance dans Zelve I, on ne distingue que les deux premières.

 

 

 

2

 

 

 

Le chemin monte sur la gauche, mais je le quitte si quelque chose m'attire.

 

 

 

                   

 

 

Des séries de salles ont été creusées dans la falaise.

 

 

 

 

 

 

À gauche du premier pont, je découvre un moulin, avec sa meule, des greniers, des églises.

 

 

 

 

 

Zelve est un grand centre religieux du IXe au XIIIe siècle. Et la cité troglodyte reste habitée jusqu'aux années 1950. Mais l'État évacua la population pour des raisons de sécurité.

À force de creuser salles et galeries dans les falaises, des pans entiers menaçaient de s'effondrer.

 

 

 

 

 

L'érosion et les séismes renforcent cette fragilité.

 

 

En marchant, j'imagine la résistance des gens. Abandonner un tel site a dû être une crève-coeur.

Vivre dans une communaute soudée. Rompre une tradition millénaire d'indépendance. À l'écart des villes. Affranchis des taxes et autres impôts...

 

 

Plus haut, j'entre dans une église.

 

 

 

Des fresques très abîmées laissent apparaitre des anges, des croix rouges et blanches ou des grappes de raisin.

On peut monter à l'étage.

 

 

 

 

 

Dans le tuf de la falaise, les salles se superposent sur deux ou trois niveaux.

Je grimpe les marches sculptées dans le tuf en imaginant l'utilisation des grottes. Les points de vue sont superbes.

 

 

 

 

 

 

 

 

À une coudée du sentier, je décide de pique-niquer.

 

 

 

 

Personne. Le soleil réchauffe l'air. Le silence est merveilleux.

En chemise, j'étale sur l'herbe pain, poulet rôti, tomate et mandarine. Sans penser. Jouissant du pur bonheur d'être.

 

 

J'entends un léger bruit. Un homme descend le chemin.

Je mange lentement, l'esprit vide. Il passe dans mon dos. Aucun de nous ne parle. Il disparaît très vite derrière la falaise. S'en allant déjeuner après une visite matinale.

 

 

 

3

 

 

 

Plus haut, l'église sainte Croix porte une inscription au-dessus de la porte, traduite sur un panneau d'information.

 

 

 

 

Alors que je regarde le fond du cirque à l'étage, je vois passer trois randonneurs, qui rebroussent chemin vers la sortie. 

Il n'est pas tard, mais le froid devient mordant.

 

 

Je dois remettre ma parka. Casquette et gants sont utiles mi-décembre. Le froid saisit dans les zones ombragées.

Parvenu au bout de la première vallée, je longe le fond du cirque, des deux côtés du pont.

 

 

 

 

Sur le versant, les roches prennent des formes tourmentées, comme déchiquetées par une chaleur et une pression extrêmes.

 

 

 

 

 

En longeant le versant, je trouve un haut escalier. Mais des fagots épineux interdisent son accès. Et là-haut, des chaînes barrent l'entrée du tunnel.

Contournons la falaise pour aboutir dans Zelve II ou II. Je ne sais plus bien ! 

 

 

Sur le col, je repère cette nouvelle vallée, avec une mosquée intégrée à la paroi.

Sur l'autre versant, la falaise est trouée de toute part. Deux énormes ouvertures forment deux cavernes gigantesques.

 

 

 

 

Certaines grottes s'agrandissent à la suite d'un effondrement. D'ailleurs, des rochers éparpilléà la base en disent long.

 

 

Dans la première vallée, le soleil n'atteint plus que les hauteurs. Terminés les bains de soleil paradisiaques !

 

 

 

 

Des gémissements m'alertent. Un chiot approche, craintif. Immobile, je l'appelle doucement. Mais ce peureux préfère remonter derrière des buissons. Son frère agit de la même manière !

Dans la descente, plusieurs accès sont interdits par des fagots épineux. Les éboulements doivent être fréquents.

 

 

 

4

 

 

 

La nouvelle vallée est gardée par une mosquée. Sans doute une église reconvertie. Le mirhab est creusé dans le tuf.

Pendant des siècles, les habitants étaient Chrétiens. Après l'islamisation de l'Anatolie, c'était un lieu de refuge contre la persécution. Chrétiens et musulmans ont sans doute cohabité à Zelve.

 

  

 

 

 

Petit tour de la vallée.

 

 

 

Les nombreuses salles dans la falaise révèlent un fort peuplement.

Les pigeonniers sont souvent décorés. Par des artistes des XVIIIe et XIXe siècles, m'apprend un panneau. On trouve des équivalents dans toute la Cappadoce.

 

 

 

 

 

Des périmètres de sécurité entourent plusieurs zones, en particulier au bas des falaises.

J'ai envie d'explorer une caverne. Un panneau d'information indique que c'est un ancien monastêre.

 

 

 

 

Les étables étaient creusées au rez de chaussée, les habitations dans les étages.

La grande place, en face du monastêre, rassemblait le peuple au cour des fêtes, des discussions politiques ou tout autre rassemblement. 

 

 

Mais il est 15h45, ce qui est tard en cette saison. Je veux m'arrêter à Pasabag, pour voir de près ses cheminées de fée. Il est donc temps de quitter Zelve.

 

 

 

5

 

 

 

Pendant plus de trois heures, j'ai croisé à Zelve quatre personnes et deux chiots.

Alors que je quitte le domaine, un gros chien roux fonce sur moi. Je le caresse, il me fait fête. Nous sommes déja amis.

En route pour Pasabag !

 

 

Il m'accompagne deux cent mètres, puis me devance. Il s'arrête, vérifie que je le suis, trotte de nouveau. Ce rouquin sympathique est plein d'énergie.

Il galope à travers la lande, monte sur le plateau, décrit une vaste ellipse, aboie dans ma direction.

 

 

Quittant la route, je traverse landes et vignobles. Les vignes sont en partie enterrées pour les protéger du froid. J'arrive ainsi à ne pas perdre des yeux mon dingo cavaleur.

Comme nous approchons de Pasabag, j'appelle ce chien fou de vitesse et d'amitié. Il me rejoint.

 

 

Nous marchons maintenant sur la route.

Mais il s'arrête net. Il vient de voir un autre chien, un gros, qui trottine au milieu de la route.

Va-t-il y avoir une querelle de territoire ?

Malgré mes appels d'encouragement, Champion ne bouge plus. Assis au bord de la route, il me regarde m'éloigner vers Pasabag.

Adieu Speed Crazy ! Que la vie te soit douce !

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 19:40, le 15/12/2012 dans B15. TURQUIE, Zelve
Mots clefs :

GOREME : ÉGLISES TROGLODYTES RUPESTRES (CAPPADOCE) (12 PHOTOS, 1 CARTE)

 

 

 

 

 

 

GÖREME

 

ÉGLISES TROGLODYTES

 

RUPESTRES

 

 

 

(CAPPADOCE)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

De Konya, un car et deux minibus, via Nevsehir, me transportent à Göreme en moins de cinq heures.

 

 

 

 

 

 

Installation dans une auberge, promenade à Göreme, y déjeuner. Je n'arrive au musée en plein air à 2 km du village qu'à 14h30. C'est tard, car j'aime prendre mon temps dans les sites. Mais je veux utiliser cet après-midi.

 

 

Les cônes volcaniques creusés et aménagés ont fait de Göreme un haut lieu du tourisme. Dans le village, de nombreux lieux d'accueil ont fermé.

Y arriver un 11 décembre, juste avant les premières neiges est un gros avantage.

 

 

 

2

 

 

 

L'entrée du site est de 15 liras.

Dès l'église saint Basile, je suis averti par un surveillant : photographier est interdit. Merde !

Les inconvénients du tourisme de masse sont implacables. Une forte fréquentation retire des droits précieux aux voyageurs. Peu à peu, leurs libertés s'envolent : jouir d'un site sans aménagement, gratuit, photographier à sa guise, y rester le temps voulu, etc.

 

Dans beaucoup d'endroits, les contraintes réglementaires sont telles qu'il devient plus intéressant de consulter livres et iconographies.

Quand des copies auront remplacé tous les originaux sur les sites, les voyages perdront leur raison d'être.

On consultera les reproductions par internet sans la fatigue, les dépenses et autres inconvénients des voyages.

 

 

 

3

 

 

 

 

 

On entre dans l'église à la pomme par un trou dans le tuf. Dans la cour, deux géomètres travaillent et m'interdisent aussitôt la première salle. Rénovation !

Un autre trou tunnel mène à l'église proprement dite. Cette fois, les fresques du XIème siècle sont magnifiques. Je décide de prendre quelques photos si je me trouve seul.

 

Le surveillant s'absente un moment, j'en profite !

 

 

 

 

 

 

 

Malheureusement, plusieurs groupes se succèdent. 

À chaque fois, je m'arrête. Photographier sans flash donne souvent des photos floues.

Surtout quand le stress d'être surpris s'en mêle.

 

 

 

 

Le surveillant revient, me soupçonne de braconnage photographique. Impassible, je ne réagis ni ne réponds. 

Hochant la tête, il annonce que je ne comprends pas l'anglais.

Une vingtaine de Hollandais débarquent. Résigné, je poursuis mon circuit...

 

 

4

 

 

La vallée vaut le coup d'oeil. Les cônes donnent vraiment un paysage spécial. On distingue les salles creusées dans le tuf, comme les appartements d'un immeuble.

Les pigeonniers sont bien visibles sur les façades. 

 

 

 

Continuons à remonter  la petite vallée.

 

 

 

 

Dans l'église sainte Barbe, je retrouve saint Théodore et saint Georges terrassant le dragon. Des croix rouges, qui symbolisent le Christ, ponctuent murs et plafonds.

 

 

Dernières photos dans l'église du serpent.

À la sauvette et sans flash. Se sentir fautif alors que l'on respecte l'intégrité des fresques est désagréable...

Cette fois, saint Théodore et saint Georges terrassent un serpent. D'où le nom de l'église. 

 

 

 

Jusqu'à la fermeture, les surveillants restent à leur poste.

 

 

 

 

Au sommet de la vallée, un monastère est creusé dans la roche avec ses dépendances : réfectoire, églises, cuisines et même un petit cimetière, me semble-t-il...

Escaliers et passerelles permettent d'y accéder.

 

 

 

 

 

5

 

 

 

Pour entrer dans l'église Sombre, un guichetier demande 8 liras supplémentaires.

 

 

 

 

 

 

Les fresques m'enchantent, je les regarde jusqu'à la fermeture. Quelques visiteurs interrompent parfois ma solitude. Mais aucun groupe de plus de quatre personnes.

 

 

Le plan de la nef est particulier.

Il y a deux coupoles, ornée chacune d'un Christ Pantocrator.

Bien conservées, les fresques sont d'une grande qualité.

Je retrouve des scènes de la vie du Christ qui m'occupent depuis le début de ce voyage : déisis, anastasis, transfiguration, baptême dans le Jourdain...

 

 

À 16h45, le surveillant s'éloigne enfin de son radiateur électrique. La sortie du boulot s'annonce... 

Je fais la grimace, mais il insiste pour me mettre dehors.

Après cette journée d'ennui, je compatis.

 

 

Je sors pour demander de revenir le lendemain matin avec mon ticket. Pas question ! Je devrai payer les deux entrées.

Pour le principe, je râle. Alors l'auguste guichetier sort de sa guérite et pointe un doigt vers la pancarte d'entrée.

Le temps de visite autorisé est de cinq minutes !

 

 

Avec ces sujets de méditation en tête, je descends la vallée. L'église aux sandales et le couvent sont fermés...

À l'entrée principale, même réponse : si je reviens demain, je devrais de nouveau payer les deux tickets. 

Cette visite se termine médiocrement.

 

 

 

6

 

 

 

Reprenant la route de Göreme, je me demande si l'église à la boucle est encore ouverte. Elle est située en dehors du site sur la droite. On peut la voir avec le billet du musée.

 

 

Surprise ! Deux surveillants stationnent près de la porte. L'un me propose d'entrer quand il voit mon billet.

Ravi, j'entre en pestant contre mon pessimisme. L'humanité n'est pas si pervertie... Hauts les coeurs !

Le surveillant précise qu'il est interdit de photographier. Il me remet une carte de son frère restaurateur, qui organise des tours de Cappadoce... 

 

 

Quand je parcours la vaste église, je pressens de nouvelles frustrations.

Que de fresques ! Ne pas pouvoir photographier est un crêve-coeur. Et quel temps va-t-on m'accorder ?

Aucun. Car le surveillant me demande de sortir !

J'ai bouclé l'église à la boucle en deux minutes.

 

 

En descendant au crépuscule la route vers Göreme, je me dis que le pessimisme a du bon.

J'ai surestimé la bonté d'âme du surveillant. La publicité pour son frère lui coûte moins de deux minutes.

 

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 09:45, le 14/12/2012 dans B15. TURQUIE, Parc national de Göreme et sites rupestres de Capp
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PASABAG : CHEMINÉES DE FÉE (CAPPADOCE) (5 PHOTOS)

 

 

 

 

 

 

PASABAG :

 

CHEMINÉES DE FÉE

 

 

 

(CAPPADOCE)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Les vignes du pacha", ou Pasabag, sont un lieu incontournable pour les touristes qui manquent de temps.

 

 

Elles sont situées au coeur de la Cappadoce centrale, entre Göreme et Zelve. On peut photographier de magnifiques cheminées de fée en quelques minutes.

Et repartir en car très vite.

 

 

L'érosion découpe le plateau, isole des groupes de cônes, puis des cônes solitaires. Ce sont les cheminées de fée, qui atteignent à Pasabag 15 mètres de hauteur, voire plus.

Elles sont couronnées de chapeaux plats ou de cylindres, coiffés de bonnets pointus.

On distingue nettement les différentes roches composant ces cheminées. Depuis le tuf à la base jusqu'au chapeau de basalte au sommet.

 

 

Les surnoms ne manquent pas à Pasabag.

"Vallée des moines" en souvenir de Saint Siméon, moine du Ve siècle qui a vécu dans une cheminée de féà trois têtes.

 

 

 

 

 

"Vallée d'amour" grâce aux chants des oiseaux, nombreux sur le site. En effet, les oiseaux apportent au lieu un intérêt supplémentaire.

 

 

En réalité, les trois surnoms s'harmonisent aisément.

Ces cheminées évoquent irrésistiblement des sexes dressés vers le ciel.

 

 

 

                           

 

 

Le désir sexuel humain sert souvent de métaphore au désir de Dieu ou désir céleste.

Le lingam en l'honneur de Shiva ou le phallus de Faunus en sont des exemples célèbres.

Vallées d'amour et des moines cohabitent parfaitement.

 

 

Et "Les Vignes du pacha" rappellent que les musulmans continuent la viticulture.

 

 

 

 

 

La Cappadoce a longtemps été chrétienne. Et le vin, le sang du Christ, est à jamais associé à cette religion.

 

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 


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Publié à 12:43, le 12/12/2012 dans B15. TURQUIE, Paşabağ
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KONYA SELDJOUKIDE (19 PHOTOS).

 

 

 

Medersa Ince Minare.

 

 

 

 

 KONYA

 

 

 SELDJOUKIDE 

 

 

 

 

 

Medersa Karatay : faïence d'un palais seldjoukide.

  

 

 

 1

 

 

LA MOSQUÉE ALAADDIN

 

 

 

Le coeur historique de Konya est le parc Alaaddin, qui occupe une colline, d'où partent les avenues principales (Alaaddin, prolongée par Mevlana). Au nord, un pan de mur, protégé par un dais de béton, est le seul reste d'un palais seldjoukique détruit par un séisme.

Deux des plus belles medresas : Karatay et  Ince Minare ont été  construites sur le boulevard Alaaddin, artère circulaire entourant la colline.

 

 

Achevée sous le règne du sultan Alaaddin Keybuhat en 1221, la mosquée Alaaddin est la plus ancienne de Konya.

 

 

 

 

La salle de prière hypostyle me rappelle certaines mosquées andalouses. Une partie des chapiteaux des 42 colonnes, plus élaborés, sont romains et byzantins.

 

 

 

 2

 

 

LA MEDERSA KATARAY

 

 

 

 

 

 

C'est une des écoles coraniques seldjoukides les plus remarquables de Konya.

Située au nord de la colline Alaaddin, elle est construite en 1251 par l'émir Celaleddin Karatay.

Le portail de marbre polychrome est décoré de fines colonnettes torsadées et d'entrelacs.

 

 

 

 

Je m'attarde dans la cour, très agréable, avec une treille, et un puits. Poteries et objets de pierre sont mis en valeur.

 

 

La grande salle est magnifiée par les céramiques bleues, turquoises et noires de la voûte et des murs.

 

 

 

 

Celles-ci sont décorées d'entrelas, de versets du Coran, de motifs géométriques.

 

 

 

 

La coupole de 12 mètres de diamètre est raccordée aux murs par quatre pendentifs triangulaires recouverts de céramique, ornée de frises.

 

 

Dans ce musée de céramiques, un logo indique qu'il est interdit de photographier. Après un moment d'observation, je tente le coup.

Le surveillant a disparu et les visiteurs sont rares.

Mes premières photos sans flash sont floues...

 

 

Une des salles expose des carreaux de faïence venant du palais d'été du sultan.

 

 

 

Animaux et êtres humains sont représentés dans des cadres en forme d'étoile ou de croix.

Le sarcophage de l'émir Karatay occupe une petite salle.

Tapis et livres précieux complètent la collection.

 

 

Dans la cour, je remarque une affiche.

Elle m'apprend que du 7 au 17 décembre, il y aura sema, danse soufie, tous les jours !

Je décide de m'en occuper le lendemain matin, 7 décembre, jusqu'à ce que  j'obtienne un billet pour le 7 ou le 8.

 

 

 

  3

 

 

LA MEDERSA INCE MINARE

 

 

 

 

 

 

J'y arrive peu avant la fermeture, juste avant la tombée de la nuit. L'école doit son nom à son minaret élancé : ince minaret.

 

 

 

 

Le portail est magnifique, avec sa décoration sculptée associant versets du Coran et motifs géométriques.

 

 

 

L'intérieur est envahi par des élèves, qui butinent ça et là.

Quel agréable contraste avec le silence austère qui régnait dans la medersa Karatay !

Tout le monde photographie comme il lui plaît.

 

 

De plus, l'aménagement est plus chaleureux. Plusieurs bancs invitent à prendre son temps.

De superbes stèles sculptées sont disposées dans la grande salle, sous le dôme de briques décoré de tuiles bleues et noires.

Elle représentent animaux, génies ailés, chimères.

 

 

 

 

 

 

D'autres pierres sont sculptées de versets du Coran, de motifs géométriques, etc.

 

 

L'ancienne école s'appelle aujourd'hui Musée de la sculpture sur bois et sur pierre.

Dans une autre salle, nombreux objets de pierre : sarcophages, stèles tombales, èlèments de portail,...

On y trouve aussi des objets en bois : portes sculptées...

 

 

 

 4

 

 

LA MEDERSA SAHIB ATA

 

 

 

C'est une excellente surprise. Je ne m'attendais pas à un lieu aussi passionnant.

La mosquée a été construite en 1258 par le vizir Sahib Ata.

Le portail de la mosquée est décorée d'entrelas, de versets du Coran sculptés dans la pierre, de colonettes sculptées dans la pierre et de motifs géométriques en briques. 

Le second minaret a été détruit, comme la grande majorité des bâtiments du complexe religieux du XIIIe siècle.

 

 

Ce lieu particulier est gratuit alors que les deux medressas les plus connues délivrent un ticket de 3 liras.

Ensuite, deux policiers s'occupent de la surveillance. Comme ils discutent, je peux photographier à ma guise.

 

 

La grande salle est belle avec sa coupole de briques roses.

Mais je passe beaucoup plus de temps dans une salle latérale, qui abrite six sarcophage de céramique.

 

 

 

 

 

La voûte, les murs, les sarcophages révèlent des trésors de raffinement.

 

 

 

 

 

De nombreux détails m'intéressent.

 

 

 

 

Dans d'autres salles, les collections sont de haute qualité.

De nombreux tapis (du XVIIe au XXe siècles) sont accessibles, grâce à des panneaux coulissants.

Les manuscrits seldjoukides, ornés d'enluminures, sont très beaux.

 

 

 

 

 

 

On présente aussi des lettres, des objets d'art...

 

 

 

 Berat de 1278 (monogramme)

 

 

 

 

 

Les lampes me rappellent celle de la fontaine d'ablutions du couvent des derviches Mevlana.

 

 

La medersa Sircali, comparée aux trois autres, ne présente aucun intérêt.  Des bureaux occupent les salles au rez de chaussée comme à l'étage. Pourquoi déranger des salariés en plein travail ?

Au fond de la cour, des lambeaux de mosaïques sur la voûte et les murs font pitié.

La petite salle à droite de l'entrée abrite des sarcophages. Ils sont nus. Aucune céramique, nul brocard ne les couvrent.

Est-ce une preuve de respect, à l'approche de l'hiver, pour des ancêtres respectables ?

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

9/12/2012: SEMA : DANSE des DERVICHES TOURNEURS (Konya) (16 PHOTOS).


8/12/2012: APHORISMES de RUMI (Konya).


7/12/2012: MUSÉE DE MEVLANA RUMI (KONYA) (11 PHOTOS).


6/12/2012: PAS DE MAUSOLEE POUR RUMI (KONYA) (poème)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 10:54, le 10/12/2012 dans B15. TURQUIE, Konya
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SEMA : DANSE des DERVICHES TOURNEURS (Konya) (16 PHOTOS).

 

 

 

 

 

 

SEMA : DANSE

 

des

 

DERVICHES TOURNEURS

 

 

 

(Konya)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

Du 7 au 17 décembre 2012, Konya est en fête.

De nombreux évènements préparent l'anniversaire du décès de Mevlana Djalal-od-din RUMI (17 décembre 1273).

L'évènement majeur est la danse des derviches tourneurs, qui est donnée chaque soir et deux fois par jour le week end.

 

 

 

 

Elle a lieu au centre culturel de Mevlana, flambant neuf, inauguré en 2004. Le sema dispose d'une magnifique salle circulaire, dont les gradins accueillent 3500 places.

Aujourd'hui, samedi 8 décembre 2012, j'assiste à la séance de 15h assis dans le bloc E à la place 88.

 

 

J'obtiens cette place avec difficulté. L'achat de ticket n'étant possible que par internet, j'utilise ma carte bancaire. Mais la transaction est refusée.

Motif : le site n'a pas le label "code secure mastercard"...

 

 

À l'office du tourisme, on m'indique une solution : ouvrir dans une banque un compte au nom d'un Turc. Y déposer 20 liras (coût du billet). Réclamer le récipissé du dépôt et du compte. Enfin, obtenir l'achat du billet par le Turc, mais à mon nom !

Ce qui fut fait hier. Mais cela m'a pris trois heures...

Du coup, la soirée inaugurale du vendredi affiche complet. Je retiens une place pour le lendemain.

 

 

 

2

 

 

 

Il y a des discours, heureusement brefs, de cinq personnes. Dont le ministre de la culture, je crois.

Je reconnais deux ou trois salariés de l'office du tourisme au premier rang du bloc E. Des photographes sont assis par terre à la périphérie de la piste.

 

 

Le spectacle commence vers 14h20 par un concert tout public. Accompagné d'un orchestre, un crooner susurre des mélodies, dont raffolent les dames. Une jeune femme derrière moi glousse de plaisir. Elle connaît les paroles de certains airs.

Je m'ennuie ferme...

 

 

Vers la fin, le chanteur se tait. Un flûtiste se lance dans un solo remarquable. Cela me réveille.

Mais le crooner reprend le crachoir et l'ennui redouble.

Enfin vers 15h, chanteur et musiciens laissent place aux musiciens derviches.

 

 

Après l'installation des musiciens, un derviche pose des tapis au bord de la piste.

Les derviches tourneurs arrivent en file, saluent un à un le public devant l'orchestre.

 

 

 

3

 

 

 

Ils se placent autour de la piste, à la suite de leur Maître. Les vingt-quatre derviches s'agenouillent sur un tapis. Ils se tiennent immobiles, têtes baissées.

Un derviche de l'orchestre chante d'une voix grave un air lent, profond et inspiré. Soulagé, j'exulte. La cérémonie commence vraiment.

 

 

Une flûte de roseau prend le relai.

 

 

 

 

 

Sa mélodie grave, méditative, me fait songer à une steppe aux herbes balayées par le vent, au-dessus de laquelle un aigle plane lentement.

Sur la musique et dans une lumière rouge, huit derviches et le Maître avancent, tournent sur eux-mêmes, puis forment une ronde. À pas lents et souples, ils avancent avec précaution...

 

 

 

 

 

Passant près de leur tapis, les huit retirent leur manteau noir, apparaissent en robe blanche.

Sous une lumière rouge, ils s'alignent au bord de la piste devant le maître et le contremaître. Ils attendent, mains croisées sur les épaules.

 

 

 

 

Comme libéré, chacun passe devant le Maître, s'incline, puis se lance.

 

 

Alors un ballet magnifique se développe.

Sous une lumière jaune, vingt-deux derviches dansent sur la piste, tournoient, comme vingt-deux planètes lancées dans l'espace infini.

Leurs robes blanches ondulent. Une main levée, l'autre dirigée vers le sol, ils tournent de leur mouvement propre, comme soulevés par la joie.

 

 

 

 

 

 

 

 

La danse s'arrête quand les derviches se regroupent, par deux ou trois, au bord de la piste.

En manteau devant son tapis, le Maître n'a pas bougé. Et les derviches viennent s'incliner devant lui, un à un.

 

 

 

 

Puis ils se lancent dans une autre ronde.

 

 

L'éclairage devient vert clair.

Les derviches décomposent chaque pas, le cercle se forme.

 

 

 

 

 

Flûtes, cordes et percussions jouent une musique lancinante sur des chants graves.

De nouveau, la valse des planètes s'amplifie, occupe toute la piste circulaire... Les danseurs jouent aussi de leurs bras, regroupés sur leur poitrine ou s'écartant vers le ciel.

 

 

 

 

Nouveau regroupement au bord de la piste, par deux ou trois.

Mains croisées sur les épaules, chaque derviche s'incline.

Un derviche, qui a gardé son manteau, salue le Maître et les autres en robe blanche l'imitent. Alors commence une troisième danse générale.

 

 

Les projecteurs habillent la salle en bleu.

Les vingt-deux corolles blanches se déploient, tourbillonnent à l'imitation des planètes.

Debout, le Maître reste immobile, tel un soleil. Le contremaître en manteau marche sur la piste en regardant l'orbite des danseurs.

 

 

 

 

Musique et chants sont plus rapides, rythmés comme des choeurs de l'armée russe.

Les derviches décrivent leurs rotations et leurs révolutions, tête inclinée comme la Terre, ivres d'espace.

 

 

 

 

 

Les danseurs se regroupent de nouveau.

 

 

 

 

 

Sous une lumière blanche, les derviches reprennent leur ronde et leur valse cosmique.

Le contremaître salue le Maître, surveille la danse environnante. Cette fois, le Maître entre lentement dans le cercle. Comme le noyau d'un atome, il forme l'élément stable, autour duquel les électrons gravitent.

 

 

 

 

 

 

 

Quand cette danse s'arrête, je regarde ma montre : une heure pile. Ce doit être la durée habituelle d'un sema.

Sous une lumière rouge, les derviches rejoignent leur tapis, revêtent leur manteau et attendent.

Le Maître s'agenouille sur son tapis et tous l'imitent.

 

 

Les musiciens saluent lentement. Le Maître traverse la piste, salue devant l'orchestre.

Certains spectateurs applaudissent. D'autres remuent dans les gradins, impatients de se lever.

En file, les derviches marchent jusqu'à l'orchestre, saluent le public et disparaissent dans les gradins.

Il est 16h, un autre sema les attend vers 21h.

 

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

1/02/2013: DANSES DANS LA VILLE (Tbilisi) (11 PHOTOS)

 

10/12/2012: KONYA SELDJOUKIDE (19 PHOTOS).


8/12/2012: APHORISMES de RUMI (Konya).


7/12/2012: MUSÉE DE MEVLANA RUMI (KONYA) (11 PHOTOS).


6/12/2012: PAS DE MAUSOLEE POUR RUMI (KONYA) (poème)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 08:23, le 9/12/2012 dans B15. TURQUIE, Konya
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