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"JE N'ENSEIGNE PAS, JE RACONTE" (MONTAIGNE). VAGABONDER vers le SOLEIL LEVANT sur la CROUTE du MONDE : PARIS, PRAGUE, BUDAPEST, SOFIA et RILA, ISTANBUL, APHRODISIAS, PAMUKKALE, KONYA, la CAPPADOCE (GOREME, PASABAG, ZELVE, CAVUSIN, NEVSEHIR, KAYMAKLI), l'ARMÉNIE et la GÉORGIE (UN PEU PARTOUT !)


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22/11/2012: ISTANBUL SUR JOURDAIN (nouvelle) (nov. 2012).


22/11/2012: ISTANBUL SUR JOURDAIN 2 (nouvelle)


14/11/2012: ENTRE DIEU ET POESIE


13/11/2012: HOMMAGE À HALLAJ (poeme)


12/11/2012: SOLEIL (poeme) (Istanbul, 25.XI.2012)


11/11/2012: ODE A ISTANBUL (poeme) (novembre 2012).


10/11/2012: SOUS LE SIGNE DU POISSON (poeme) (20.XI.2012)


9/11/2012: EYUP (Istanbul) (14 PHOTOS).


8/11/2012: ENTRE FENER ET BALAT (Istanbul) (11 PHOTOS).


7/11/2012: CHAT ET MOINEAU (poeme) (Istanbul, 16.XI.2012).


6/11/2012: LE PONT DE LA CORNE D'OR (Istanbul) (10 PHOTOS).


5/11/2012: MARCHE aux EPICES (Istanbul) (7 PHOTOS).


4/11/2012: HOCHA, ou de L'HOSPITALITE (1) (Istanbul).


3/11/2012: HOCHA, ou de L'HOSPITALITE (2) (Istanbul).


2/11/2012: D'AMOUR ET DE GLOIRE (poeme) (Istanbul, 9.XI.2012).


1/11/2012: EDEN (poeme).

 

31/10/2012: IGNORANCE (Istanbul, 6.XI.2012).


30/10/2012: ELEMENTS (de poesie) (Istanbul, 6.XI.2012).


29/10/2012: AMNESIE (poeme) (Istanbul, 6.XI.2012).


28/10/2012: MADRASSA RUSTEM PACHA par SINAN (Istanbul).


27/10/2012: PAPILLON (poeme) (Istanbul, 3.XI.2012).


26/10/2012: DOUBLE FIL de L'AMOUR (poeme) (Istanbul, 2.11.2012).


25/10/2012: AU MARCHE DE L'AMOUR (poeme) (31.10.2012)


24/10/2012: LES ARCHITECTES DE SAINTE-SOPHIE


23/10/2012: COMBAT AVEC L'HOMME (poeme) (Istanbul, 28.10.12)


22/10/2012: AU PAYS DES AVEUGLES (KADIKOY) (1 PHOTO).


21/10/2012: MOSQUEE SULTANAHMED (Istanbul) (8 PHOTOS).


20/10/2012: ET LE VERBE SE FAIT CHAIR (poeme) (Istanbul, 22/10/2012).


19/10/2012: MOSQUEE BLEU BLANC ROUGE (MOSQUEE RUSTEM PACHA) (7 PHOTOS).


18/10/2012: DE LA DANSE (Aphorismes) (23.10.2012).


17/10/2012: DEISIS : monde orthodoxe (7 PHOTOS).


16/10/2012: FONTAINES D'ISTANBUL (5 PHOTOS).


15/10/2012: GEOGRAPHIE D'ISTANBUL (avec TROIS CARTES).


14/10/2012: ENTRE BERCEAU ET TOMBEAU (poeme).


13/10/2012: CORNE D'OR JUSQU'À EYÜP (Istanbul). 1 CARTE, 19 PHOTOS


12/10/2012: RUHUNA FATIHA (ISTANBUL) (9 PHOTOS).


11/10/2012: CHATS D'ISTANBUL (3 PHOTOS).


10/10/2012: ANASTASIS (La Chora, Istanbul) (14.10,2012). (3 PHOTOS)


9/10/2012: MILLE FEUILLES D'ISTANBUL (1 PHOTO).


8/10/2012: QUATRE NOMS D 'ISTANBUL (1 CARTE).


7/10/2012: MOSQUEE IBRAHIM PACHA (ISTANBUL, 10/10/2012). (5 PHOTOS)


6/10/2012: LE PONT DE GALATA (Istanbul, 9.10.2012) (5 PHOTOS).


5/10/2012: RACONTER C'EST SE RIRE DE LA MORT (Istanbul)


4/10/2012: MUSIQUE ET DANSE DERVICHE TOURNEUR (Istanbul, 5/10/2012).


3/10/2012: ELOGE DE LA LUMIERE SAINTE SOPHIE ISTANBUL (9 PHOTOS)

 

 



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Publié à 11:47, le 29/11/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
Mots clefs :

ODE A ISTANBUL (poeme) (novembre 2012).

 

 

 ODE À ISTANBUL

 

 

 

 

 À Sinan, l'architecte.

 

 

 

1

 

 

 

Istanbul rend maboule

 

la première prière me réveille

 

les hauts parleurs du quartier, sismiques

 

vibrent d'incantation à Allah

 

la nuit tire sa révérence

 

je me lève d'excellente humeur

 

le soleil entre dans la danse

 

 

 

Istanbul nous rend maboule

 

à tous les coins de rue un fantôme sursaute

 

nitchevo, la terre est assez vaste

 

je marche d'une colline à l'autre

 

les Sept innommées, alors je les baptise

 

 

 

la Colline des Touristes épuisés

 

celle des Tombes autoengendrées

 

la Colline des Chats affectueux me tente

 

Istanbul superpose tant de couches

 

un matelas élastique, antisismique

 

 

 

2

 

 

 

Qui rêve en marchant, traverse

 

les bazars comme des contes de fées

 

se retrouve soudain au bord de mer

 

c'est fatal, chantant des airs stupides

 

surveillé par les mouettes, expertes

 

en innocents de pacotille 

 

plus dangereux que des moules farcies

 

 

 

En ferry, les rives font des sinusoïdes

 

entre Europe et Asie

 

une sirène mugit et agonise

 

Istanbul tangue et roule

 

 

les passagers ont le coeur à l'envers

 

l'estomac effervescent

 

leurs pupilles clignotent

 

comme le pont du Bosphore en vert, jaune, rouge

 

 

 

3

 

 

 

 que j'aille, la Grèce m'agresse

 

avec ses chats aux yeux gris

 

jaunes, bleus ou verts d'Istanbul

 

par ses questions socratiques

 

ses oracles de Sphinx, de coupe gorge

 

"Prouve ton esprit ou meurt !"

 

alors, je garde l'esprit ouvert

 

 

 

Un circuit de mosaïques me sert de GPS

 

les Pantocrator, Déisis, Anastasis

 

réservent quelques surprises

 

dans leur ADN de molécules colorées

 

le soir, je masse cervicales et orteils

 

songeant aux sandales ailées d'Hermès

 

 

 

4

 

 

 

Vive musiciens et poètes

 

même déguisés en architectes !

 

Suivre l'esprit de Sinan est fascinant

 

funambule sur le fil d'Istanbul

 

 ses coupoles me chamboulent

 

 

 

mosquées, madrassas, tombeaux

 

marchés, hamams, je découvre sans cesse

 

un bâtiment supplémentaire

 

quand dormait-il, ce diable d'homme ?

 

 

 

 Veux-tu un carré ? Un hexagone ?

 

Ou bien, préfères-tu, dans ta sagesse

 

l'incomparable octogone ?

 

 

 

5

 

 

 

Dans un café, musique soufie et derviche

 

le concert danse se développe

 

quand un muezzin lance son appel

 

musiciens et derviche se figent

 

paralysés par Méduse

 

 

 

"Alla-a-a-a-a-ah-h-h !"

 

la voix d'entrailles monte, vocalise

 

tient sa ligne mélodique

 

 

 

une autre voix hâche l'espace

 

hésite du o au a : "olla-o-ah-ah olla ho !"

 

tournoie dans l'air, se tait

 

 

 

une nouvelle voix cisaille l'air

 

vibre à n'en plus finir

 

c'est un trio, une cantate à trois voix

 

qui vocalisent du grave à l'aigu

 

 

 

toute religion de caserne me fait rire

 

les enfants adorent l'obéissance

 

mais où sont les adultes sur cette planète ?

 

 

 

6

 

 

 

Plus j'explore Istanbul

 

moins je la connais

 

j'analyse quelques couches

 

dans l'épaisseur de ce mille feuilles

 

 

 

chaque jour des surprises sidèrent

 

je passe cinq fois devant une rue

 

sans remarquer des bains magnifiques

 

je ne vois rien de ce que je devrais voir

 

 

 

flairant une trace, recoupant des pistes

 

Indien en chasse, que les chats

 

considèrent avec circonspection

 

serait-ce un chien humain ?

 

 

 

7

 

 

 

Je suis saoul d'Istanbul

 

de ciels infinis

 

que l'on épluche, de ferry en ferry

 

voile après voile

 

entre les bleus, les mistigris

 

 

 

les heures se carambolent

 

soleil et lune jouent au billard

 

je resterai à Istanbul deux mois

 

ou deux ans et reprendrai

 

la route vers le soleil levant

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 18:53, le 11/11/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
Mots clefs :

EYUP (Istanbul) (14 PHOTOS).

 

 

 

 

 

 

 E Y Ü 

 

 

(Istanbul)

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

EN VILLE

 

 

Le mois dernier, je me suis promis de revenir à Eyüp.

Du haut de la colline, près du café Pierre Loti, le panorama est exceptionnel sur la Corne d'Or jusqu'au vieux Istanbul.

Cette fois, je prends le ferry à Eminönü pour découvrir le sud d'Eyüp.

 

 

Du débarcadère, remontée le long de tombeaux et mausolées, tous fermés, vers le pont de la Corne d'Or.

En face du palais des Congrès, je prends quelques photos de l'extérieur d'un domaine.

 

 

Vers midi, les rues sont très animées.

 

 

 

 

À la sortie de l'école.

 

 

 

 

Dans un fast food, choix de la cour intérieure, où presque tous les clients fument. Ce sont des lycéens, ou des habitués travaillant dans le quartier.

Repas correct. Je discute avec une jeune femme, encore étudiante, qui enseigne l'art. Elle s'en va après une dernière cigarette et un thé. J'écris peu, préférant marcher jusqu'au soir.

 

 

Je veux voir de près le pont de la Corne d'Or.

À l'intérieur d'Eyüp, une longue rue en pente semble y conduire.

Se retourner pour voir le dénivelé vers la Corne d'Or vaut le coup d'oeil.

 

 

 

 

 

2

 

 

UN CIMETIÊRE ABANDONNÉ

 

 

Un cimetière abandonné m'attire.

Les stèles plantées de guingois semblent sortir d'un alpage. Le soleil chauffe l'herbe, ses rayons sont filtrés par les sapins. Le corps de certaines stèles est enfoncé dans le sol, comme pour y prendre racine.

 

 

 

 

 

 

 

Transporté en pleine montagne, je déambule sur le versant, enchanté par cette lumière. Je trouve deux matelas, ayant beaucoup servis, des traces de feu. Endroit idéal pour gamins et vagabonds. Plus haut sur le coteau, un sans logis dort sur des cartons sous couvert d'un sapin.

 

 

 

 

Détour pour ne pas le réveiller.

 

 

Entre les stèles, je rencontre plusieurs chats. Leurs réactions déroutent : de l'indifférence à la demande de caresses. Mais la fuite est la plus prisée... 

Notre point commun à tous : nous apprécions le calme et la nature verdoyante des cimetières. Nulle peur des fantômes ou des âmes errantes.

 

 

3

 

 

MOSQUÉES ET TOMBEAUX

 

 

La rue monte jusqu'au pont de la Corne d'Or.

Voir le lien à la fin du texte pour accéder à l'article sur ce pont.

 

 

En descendant du pont, je découvre une mosquée construite par Sinan en 1540. Encore une ! J'en ai perdu le compte depuis des semaines... C'est la Defterdar Mahmud Efendi.

 

 

 

 

Dans le petit jardin derrière la mosquée, un mausolée et plusieurs tombes.

 

L'intérieur de la mosquée est vide et obscur. J'allume les lumières du rez-de-chaussée. Ce que j'y vois ne m'incite pas à m'éterniser.

Débouchant sur la rue, une voiture m'accroche légèrement. Le chauffeur s'arrête. Mais je n'ai rien. Je lui fais signe que ça ira. Cette rue semble piétonne. Mais quelques voitures l'empruntent pour accéder à un centre municipal...

 

 

Vers le centre, la coupole de la mosquée Zal Mahmud Pacha est bien visible. Ses murs et le minaret sont assailis d'échaffaudages. Le chantier est interdit au public. Je me contente de voir le cimetière et l'extérieur du tombeau de la kuliyah.

 

 

 

 

 

Au sud, je retrouve la propriété fermée du matin. Mais je vois maintenant le grand jardin et les tombes, car le haut mur est remplacé côté jardin par une grille. La nuit approche.

 

 

Au centre d'Eyüp, la Sadibata madrassa regroupe un petit cimetière et deux cours arborées. Elles donnent envie de s'attabler avec un thé par une matinée ensoleillée.

L'ensemble a été restauré.

Des ateliers de peinture pour figurines de castelet sont encore ouverts.

 

 

Traversée d'un marché, où les néons diffusent leur lumière froide.

Mosquées et cimetières se succèdent.

Cette fois, je ne reste guère dans la grande mosquée d'Eyüp. C'est l'heure de la prière, je file par derrière.

 

 

La plupart des mausolées et tombeaux sont plongés dans le noir. Dommage pour la photographie.

Certains sont éclairés, comme la tombe de Prens Sabahadin.

 

 

 

 

Dans ce gouffre d'obscurité de la nécropole, les lumières de la Corne d'Or m'attirent.

 

 

4

 

 

CORNE D'OR ILLUMINÉE LA NUIT

 

 

Les papillons se brûlent souvent à la flamme de la lumière. Traverser l'avenue sans se faire déchiqueter par des véhicules lancéà pleine vitesse réclame attention et vitesse d'exécution. Et de sauter deux barrières de protection...

La récompense vient de l'autre rive. La zone du centre de Congrès est merveilleusement éclairée.

 

 

 

 

-          -          -

 

 

 

 

Sans y penser, je marche jusqu'à l'embarcadère d'Eyüp, où ferries et barques de pêcheurs se côtoient.

Agir sans y penser est pensée véritable.

 

 

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

6/11/2012: LE PONT DE LA CORNE D'OR (Istanbul) (10 PHOTOS).

13/10/2012: CORNE D'OR JUSQU'À EYÜP (Istanbul). 1 CARTE, 19 PHOTOS

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 08:15, le 9/11/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
Mots clefs :

ENTRE FENER ET BALAT (Istanbul) (11 PHOTOS).

 

 

 ENTRE FENER ET BALAT 

 

 

(Istanbul)

 

 

 

 

 

Vue depuis Balat vers Fener.

 

 

 

 

Ce sont deux quartiers d'Istanbul, situés au nord ouest, près de la Corne d'Or, où j'aime me promener. 

D'Eminönü, on peut y aller en ferry ou en bus.

 

 

Les rues de Fener, nettement plus en pente, escaladent la colline. Un de mes buts favoris est l'ancien monastère de la Vierge de Pammakaristos. Une des deux églises a été transformée en mosquée (Fethiye).

 

 

 

 

Le naos, devenu musée, est couvert de mosaïques byzantines.

 

 

 

 

 

Dans Fener, on se repère grâce à la masse de pierre rouge du lycée grec pour garçons. Construit à flanc de coteau, il est très visible.

 

 

 

 

 

Tout autour, je ne cesse de monter ou descendre. J'aime ces rues en pente, ponctuées d'escaliers.

 

 

 

 

 

Le linge, suspendu à des fils qui traversent la rue, oscille au gré du vent. Des commères s'interpellent d'une fenêtre à l'autre.

 

 

Une fillette sort de la boutique familiale pour discuter. Nous échangeons nos prénoms. Je lui montre une photo de la rue. Comme je m'apprête à poursuivre mon chemin, je vois son regard vaciller, elle hésite...

- "Money ? Money for me ?"

Cette idiote vient de tout gâcher...

 

 

Près de la mosquée du coin, six ou sept gamins s'ennuient vaguement. Je tombe à pic. L'un m'interpelle pour mettre un peu d'animation dans leur bande.

Je les salue, mais je préfère voir le point de vue en grimpant une passerelle vers la salle de prière.

 

 

 

À Balat, ma promenade se transforme en un pèlerinage inabouti vers des lieux de cultes désaffectés.

La porte de la synagogue Ahrida Balat est fermée. Un mur entoure la propriété, on ne voit rien à l'intérieur. Seuls quelques signes hébreux au-dessus de la porte renseignent un passant attentif.

Tout près, la synagogue Yanbol s'insère dans les maisons de la rue. Elle semble abandonnée. Le haut de porte mentionne dans un ovale son nom, à moitié effacé.

 

 

Dans le même quartier, une vaste église protégée par de hauts murs est également fermée. C'est la Surp Hresdagabed.

Église grecque orthodoxe, reprise par les Arméniens en 1627, selon une affiche près de l'entrée.

 

 

Plus haut, la place principale de Balat a été aménagée récemment par la municipalité de Fatih. Des dizaines d'inscriptions sur des potences servent de publicité gratuite, assez agressive.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces méthodes abondent. Dans les mosquées, elles gâchent souvent les accès de lıeux souvent sımples et beaux. Une forme de "m'as-tu-vu" municipal...

Tables et bancs permettent de s'asseoir et de manger. Un mur d'eau construit cette année en 2012 occupe le flanc de coteau. Il s'allume quand la nuit tombe.

 

 

Le marché occupe une rue, j'achète une paire de chaussettes. Les prix des fruits et légumes sont abordables. Rien à voir avec ceux de Sultanahmed. Les touristes sont d'inépuisables vaches à lait.

 

La mosquée de Balat est à deux pas.

 

 

 

 

 

Selon une affiche, Sinan aurait dessiné son plan.

Je m'assieds d'abord dans le grand vestibule, bien éclairé par des baies vitrées.

 

 

 

 

 

 

Les hommes viennent y prier en face du mur sans entrer dans la grande salle de prière, plongée dans l'obscurité.

Les murs sont décorés de céramiques.

 

 

 

 

 

 

Je marche avec plaisir sur le tapis épais de la salle de prière dans l'obscurité et le silence. Personne. Pour photographier, je tente de tirer partie des moindres rayons qui s'infiltrent. C'est un défi intéressant à relever.

 

 

 

 

Quelques minutes plus tard, un chat me rejoint dans l'obscurité. Mes caresses le font ronronner comme une locomotive à vapeur. Il en laboure le tapis de ses griffes, devient maboul, tourne et retourne sur lui-même, revient se frotter contre mes jambes en ronronnant furieusement...

 

 

LIENS AVEC CE TEXTE :

 

15/10/2012: GEOGRAPHIE D'ISTANBUL (avec TROIS CARTES).
13/10/2012: CORNE D'OR JUSQU'À EYÜP (Istanbul). 1 CARTE, 19 PHOTOS

9/11/2012: EYUP (Istanbul) (14 PHOTOS).

6/11/2012: LE PONT DE LA CORNE D'OR (Istanbul) (10 PHOTOS).

22/11/2012: ISTANBUL SUR JOURDAIN (nouvelle) (nov. 2012).
22/11/2012: ISTANBUL SUR JOURDAIN 2 (nouvelle)

 

 

LIENS avec ce texte :

 

21/10/2012: MOSQUEE SULTANAHMED (Istanbul) (8 PHOTOS).

19/10/2012: MOSQUEE BLEU BLANC ROUGE (MOSQUEE RUSTEM PACHA) (7 PHOTOS).

12/10/2012: RUHUNA FATIHA (ISTANBUL) (8 PHOTOS).

7/10/2012: MOSQUEE IBRAHIM PACHA (ISTANBUL, 10/10/2012). (5 PHOTOS)

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 08:06, le 8/11/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
Mots clefs :

LE PONT DE LA CORNE D'OR (Istanbul) (10 PHOTOS).

 

 

 

 

 

LE PONT DE LA CORNE D'OR

 

 

(Istanbul)

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mois dernier, à la fin d'une journée à Eyüp, je me suis promis de revenir.

Du haut de la colline, près du café Pierre Loti, le panorama est exceptionnel sur la Corne d'Or jusqu'au vieux Istanbul.

(voir l'article : http://13/10/2012: CORNE D'OR JUSQU'À EYÜP (Istanbul). 1 CARTE, 19 PHOTOS ).

 

 

Cette fois, je découvre le sud d'Eyüp, jusqu'au pont de la Corne d'Or.

Tous les mausolées et tombeaux sont fermés sur l'avenue qui mène au pont. 

Dans Eyüp, les rues montent vers le sud jusqu'au sommet de la colline. Un échangeur précède le pont de la Corne d'Or.

Au milieu de l'échangeur, des gens attendent le prochain tram à la station Ayvansaray.

Dans le quartier d'Halicioglu, la mosquée construite à la base du pont près de la rive est un bon repère.

 

 

 

 

 

 

Je descends jusqu'au pont. Soleil et ciel bleu. La journée est magnifique pour un 12 novembre, mais j'enfile un pull sur ma chemisette à cause du vent. 

Une fête foraine avec manèges est installée sur la rive d'Eyüp.

 

 

Les bateaux font la navette entre les trois embarcadères proches : Eyüp, Halicoglu et Sütlüce.

 

 

 

 

 

 

L'autre rive est dominée par la colline de Sütlüce, couronnée par la mosquée Bademlik.

 

 

 

 

 

 

Sur le pont, la circulation est dense, bruyante. Heureusement, les odeurs de carburants ne stagnent pas. Le tablier vibre assez violemment. Avec le vent, cela rend la photographie parfois délicate.

 

 

Au bout du pont, la mosquée Kumbahane me plaît beaucoup. Je m'amuse à aligner les minarets des deux mosquées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au retour, j'emprunte la passerelle au-dessus de l'échangeur. Elle donne accès au tram et aux remparts de Théodose, limite de la péninsule historique de Constantinople. 

À cet endroit, ils semblent assez bien conservés. Certains tronçons sont en restauration.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur une bretelle de l'échangeur, un homme marche à contre-courant. Son comportement m'alerte. Il s'agite, enlève sa veste de survêtement, puis la renfile. Il crie comme s'il en voulait aux voitures, tourne sur lui-même...

 

 

 

 

 

S'il cherche à mourir, il s'y prend assez bien...

 

 

 

LIENS avec ce texte :

 

29/12/2012: LE PONT DE LA PAIX (TBILISI).

 

17/11/2012: EYUP (Istanbul) (14 PHOTOS).

 

13/10/2012: CORNE D'OR JUSQU'À EYÜP (Istanbul). 1 CARTE, 19 PHOTOS

 

6/10/2012: LE PONT DE GALATA (Istanbul, 9.10.2012) (5 PHOTOS).

 

23/09/2012: ARIANE OU LES PONTS DE BUDAPEST (23.09.2012) (3 PHOTOS).

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 20:57, le 6/11/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
Mots clefs :

MARCHE aux EPICES (Istanbul) (7 PHOTOS).

 

 

 

 

 

MARCHÉ AUX ÉPICES

 

 

(Istanbul)

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

Rares sont les touristes visitant Istanbul, qui oublient le bazar aux épices. J'y entre après plus d'un mois de séjour.

Aucune surprise. Il correspond à ce que je m'attendais à trouver. De beaux étalages d'épices et de friandises, très prisés par les touristes turcs et étrangers.

 

 

 

 

 

 

Des produits d'un goût plus douteux également, comme de la vaisselle rutilante, sortie d'une bijouterie pour fillettes.

 

Je reviens deux jours plus tard prendre quelques photos. Comme une corvée inévitable. Cela pourrait être utile si je me fends d'un texte point trop poussif sur le sujet.

Je ne promets rien en ce domaine...

 

 

2

 

 

Ce que je préfère ? Les odeurs !

Odeurs de café qui embaume, transporte dans une farandole endiablée de souvenirs.

Odeurs de gingembre, de clous de girofle, de noix de muscade, de poivre, de céleri, d'ail, de menthe, de basilic, de citronelle, de thym, de laurier, de cerfeuil, de coriandre, de câpre, de safran, de bergamote, de citron, de vanille, de paprika, d'estragon, de sauge, de sariette, d'anis, de cumin, de moutarde, de pistou...

 

Les couleurs de cet univers sont très attractives.

 

 

 

 

 

 

J'achète figues, raisins et abricots séchés.

Je reviens plusieurs fois acheter des figues. J'en profite à chaque fois pour flâner près du spécialiste du café. Les arômes de café me mettent de joyeuse humeur, donnent un coup de fouet au système olfactif.

 

 

 

3

 

 

 

 

 

 

Ce couple vend de tout, avec le sourire.

 

 

 

 

 

 

Un moyen de transport peu encombrant.

 

 

 

 

 

Un foulard, cela change tout !

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 20:17, le 5/11/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
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HOCHA, ou de L'HOSPITALITE (1) (Istanbul).

 

 

HOCHA, OU

 

DE L'HOSPITALITÉ

 

 

 

 

1

 

 

 

Un soir, je travaille sur l'ordinateur de la réception de mon hôtel. Une jeune Coréenne arrive, discute avec Paco, le réceptionniste  de nuit. Elle déballe son matériel de dessin et fait un portrait de Paco.

- "Can I have a look ?"

Je regarde le portrait et félicite l'artiste, en me moquant gentillement de Paco.

 

 

Je retourne travailler. Deux Coréens, garçon et fille, arrivent. Les bavardages repartent de plus belle. Au bout de dix minutes, les trois Coréens s'apprêtent à sortir en ville.

Dans un anglais minimal, la jeune Coréenne me propose de faire mon portrait.

- "C'est d'accord ! Quand ça ? Demain ?"

- "Oui, demain soir. Avant mon départ d'Istanbul !"

J'en déduis qu'elle partira demain soir ou le lendemain matin et je me remets au clavier.

 

 

 

2

 

 

Le lendemain matin, en sortant de la douche, je la retrouve discutant avec ses deux amis.

- "Tu te rappelles ? Ce soir ?"

- "Oui, je fais ton portrait ce soir !"

Le réceptionniste de jour la surnomme "Picatchou". C'est une jolie brune, petite et menue, d'un caractère très gai.

 

 

Vers 22h30, je travaille devant l'écran quand "Picatchou" rentre à l'hôtel. 

- "Je m'appelle Hocha. Je peux dessiner maintenant ?" Elle s'installe sur la chaise de l'autre ordinateur, à ma gauche et commence le portrait.

 

 

Depuis une dizaine de minutes, j'ai des soucis de connection. Impossible d'enregistrer un texte. Je le mets en attente, fais la navette entre "Istanbulhostel 1" et "Istanbulhostel 2". Un véritable bourbier électronique.

Trions des photos. Souvent, la connection redevient normale après cinq minutes...

 

 

Pendant ce temps, Hocha dessine. Elle déplace sa chaise à ma droite et poursuit tranquillement son portrait.

Ayant fini avec les photos, je reviens au texte à enregistrer. Mais cela ne marche toujours pas...

 

 

Déja, mon portrait est terminé. Très sérieux avec ces lunettes qui mangent mon visage ! Elle a représenté le clavier et mon cahier ouvert sur le bureau. Quelques colonnes de signes coréens font un joli effet...

Elle dessine au feutre souple sur un papier pelure, très fin. 

Je la remercie pour son travail. Sur son carton, une affiche annonce le prix d'un dessin : 10 euros.

- "Veux-tu quelque chose ? Des liras ?"

- "Non, je te le donne ! C'est un cadeau !"

Et deux minutes plus tard, elle descend au dortoir.

 

 

 

3

 

 

 

Le lendemain après-midi, en passant dans le dortoir, je remarque qu'Hocha fait la sieste.

À mon retour vers 19h, elle se dresse dans son lit.

- "Je m'excuse si je t'ai réveillée !"

- "Non, j'étais déja réveillée. Je veux me lever maintenant !"

 

 

Je me prépare pour repartir dîner.

- "C'est l'heure de manger. Veux-tu venir avec moi ? Je te montrerai un restaurant avec des gens sympathiques !"

- "Oui, oui, je viens !"

Elle s'habille pendant que je discute avec Jewd, l'autre Coréenne du dortoir. Je lui ai appris quelques mots français. Je la fais répéter : Bonjour ! Bonsoir ! Merci !

Elle n'arrive pas à prononcer le J de bonjour et nous piquons un fou rire.

 

 

 

4

 

 

 

Hocha enfile une cape de pluie, acquise en France. On peut lire dans son dos une inscription française.

Sous une pluie fine, nous traversons Sultanahmed en riant. Elle récite tous les mots qu'elle a appris chez nous.

De temps en temps, elle consulte son agenda électronique, qui possède des dictionnaires de français et d'anglais. Elle peut ainsi me montrer une courte phrase. Cela pallie à la carence de son anglais.

Après Rome, Pise, les Cinqueterre, elle s'est arrêtée à Marseille, a vu l'atelier de Cézanne. Elle adore Paris et regrette ses journées parisiennes.

 

 

Quand nous approchons de Cemberlitas, elle s'exclame :

- "J'aimerai boire du lait ! Tu connais un supermarché ?"

- "Oui. Avant d'aller au restaurant, nous allons prendre cette rue à gauche pour acheter du lait."

- "Oh, Lionel, tu es si gentil ! Merci, merci beaucoup !"

 

 

Nous descendons la rue jusqu'à un supermarché BIM. Au rayon lait, elle choisit un pack de 200 ml de lait chocolaté et j'en prends un pour moi.

Une jeune caissière sympathique s'amuse de voir nos achats.

- "Nous reviendrons acheter du lait !"

- "Vous venez d'où ?"

- "Mon amie vient de Corée, moi de France. Savez-vous lire le français ?" Je tourne Hocha et montre à la caissière l'inscription en français. Sa mine impuissante nous fait rire.

 

 

 

5

 

 

 

Au restaurant, la salle du rez-de-chaussée est bien remplie. Mais je n'ai pas envie de monter au salon du premier étage.

Comme d'habitude, l'accueil des garçons est parfait.

Mon serveur préféré, tout sourire, nous mène au fond vers une table libre.

 

 

Avec Hocha, nous choisissons la même chose : une salade de saison et une soupe de lentilles. 

Elle ouvre son cahier de voyage, où dessins et poèmes se côtoient. Je le feuillette un moment.

- "C'est beau ! J'aime tes dessins !"

- "Merci Lionel, tu es gentil !"

- "J'aime aussi les colonnes d'écriture. Ce sont des poèmes ?"

- "Oui. Des poèmes écrits au cour de mon voyage."

 

 

Le garçon revient avec nos couverts. Le cahier d'Hocha l'impressionne. Ils nous apporte ensuite les plats et nous discutons tous les trois.

Comme moi, il aime les lignes de caractères coréens. Il nous quitte à regret.

 

 

Nous mangeons la soupe avec gourmandise, en trempant des morceaux de pain. Grapillage dans notre salade composée de temps à autre.

Hocha cherche la traduction de "chou", en anglais dans son dictionnaire. Je traduis en français : "chou rouge", le répète plusieurs fois en montrant le rouge d'un flacon de ketchup.

- "Tu es un très bon professeur !"

- "Si tu n'aimes pas, laisse le chou !" Elle le met à part et finit carottes rapées, tomate et salade.

 

 

Ensuite nous repoussons les plats et les miettes de pain pour continuer à regarder son cahier de voyage.

Notre serveur revient avec deux thés.

- "Merci beaucoup Samet ! C'est très gentil !"

Il s'incline et repart aussitôt. Samet a pris l'habitude de m'offrir un thé à la fin de mes repas. Ce soir, il en apporte deux.

 

 

Hocha est ravie. Comme moi, elle adore ce thé à la pomme, à l'arôme succulent. J'essaye son feutre souple en traçant la silhouette d'une mouette. Hocha dessine le verre à thé, qui fume, la soucoupe avec un morceau de sucre.

Samet regarde de tous ses yeux le dessin apparaître peu à peu sur le papier pelure. Nous nous dévisageons, réjouis. Je lui fais un clin d'oeil et il glousse de plaisir.

 

 

Nous continuons à parler de dessin, poèmes, ou voyages.

- "Pourquoi ne viens-tu pas en Corée ?" 

- "Peut-être mais plus tard. Quand rentres-tu chez toi ?"

- "Dans deux jours, je reprends l'avion pour Séoul !"

- "Tu auras le temps d'apprendre le français chez toi. Dans un an ou un an et demi, j'arriverai peut-être en Corée. Et nous pourrons parler en français !"

- "C'est une idée magnifique ! Nous devons le faire !"

- "Ce sera très utile pour ton prochain voyage en France."

- "Tu as raison !"

 

 

Pendant ce temps, notre serveur dépose deux autres thés sur notre table et s'éclipse.

Quand nous avons fini, je préviens Hocha :

- "Ce soir, tu es mon invitée. Mais nous devons partir, sinon Samet viendra nous offrir un troisième thé ! Quatre thé, c'est suffisant. Tu comprends ?"

- "Oui, Lionel, je comprends..."

- "Je vais à la caisse. Quand je reviendrai, nous pourrons partir. D'accord ?"

- "Oui. Je vais ranger mes affaires."

 

 

À mon retour, Hocha est prête. Nous saluons et remercions  Samet pour le thé et surtout pour sa gentillesse.

- "Merci encore et à demain !"

 

 

Pour LIRE la SUITE : 

 

12/11/2012: HOCHA, ou de L'HOSPITALITE (2) (Istanbul).

 

L.B.

 



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Publié à 20:17, le 4/11/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
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HOCHA, ou de L'HOSPITALITE (2) (Istanbul).

 

 

HOCHA, OU

 

DE L'HOSPITALITÉ

 

 

(suite)

 

 

 

Voir le début sur :

 

12/11/2012: HOCHA, ou de L'HOSPITALITE (1) (Istanbul).

 

 

 

6

 

 

 

Nous revenons à Sultanahmed, traversons un café-restaurant où jouent des musiciens. Hocha est ravie de découvrir Arasta bazar. Des chaussures en textile multicolores lui plaisent. Le genre d'objets que s'arrachent les touristes.

Renseigné sur ses goûts, je lui montre près de l'hippodrome les maisonnettes colorées du Turkestan, maisons de poupées pour adultes.

 

 

En discutant, nous arrivons à la Petite Sainte-Sophie.

Près d'une entrée de l'église mosquée, une musique endiablée sort d'une maison à baie vitrée. Une fête bat son plein, me donne envie d'aller voir :

- "Viens, cela ressemble à un mariage. Nous pourrons peut-être voir les danseurs !"

 

 

L'ambiance est animée. Dans une salle de taille moyenne, une foule de personnes est assise sur des chaises contre les murs.

Une ronde d'une dizaine de danseuses chauffe l'atmosphère. Elles se tiennent par les épaules, avancent de droite à gauche en balançant une jambe, puis l'autre. Un jeune homme, qui mène la ronde, est l'unique représentant du sexe masculin.

 

 

Après une minute d'observation, Hocha et moi entrons dans la ronde. 

Aussitôt, le jeune homme m'accapare. Il me remet un foulard pour que je l'agite. J'essaye de suivre ses conseils. Les danses changent en fonction des morceaux et j'imite les gestes des danseurs.

Quand j'improvise pour suivre davantage le rythme, le jeune homme me corrige d'autorité !

 

 

Quand je m'éloigne de ce guide trop directif, je m'amuse vraiment. Des femmes m'encouragent, montrent les gestes appropriés.

Mais comment remuer des hanches comme elles ?

Tant pis, j'improvise au rythme de la musique.

 

 

Le jeune homme tente plusieurs fois de me prendre en main, mais je l'évite en souplesse. J'encourage deux garçons, qui tournent autour de nous mais ne dansent pas.

Timidité ? Peut-être ne savent-ils pas.

 

 

Quelques minutes plus tard, je constate que Hocha a disparu.  Dans le jardin, elle commence le portrait d'une adolescente. Une vraie maniaque du dessin !

Je discute un peu avec elle. Une des danseuses fait une remarque sur Hocha. J'ai l'impression que c'est défavorable. Elle semble lui reprocher de vendre un dessin dans leur fête. Tiré par la main par un des garçons, venu me chercher, je chasse ce sentiment et retourne dans la salle.

 

 

Les danseuses, aussi souriantes et pleine d'entrain, continuent à  s'amuser.  Sur leurs chaises, les femmes âgées battent des mains. 

Les deux garçons ne me quittent plus, remuent davantage. 

Quand le jeune homme se fait collant, je sais comment l'éviter. 

 

 

Il me prend soudain par le poignet et me dit : "Finish ! Finish !"

Je cesse de danser. Il montre Hocha du doigt et répète : "Finish !"

Je sors la retrouver. Elle finit le portrait sans regarder le modèle. Mais je m'inquiète quand une autre adolescente s'assied sur le banc de la première.

 

 

- "Hocha, un seul portrait s'il te plaît ! Nous allons bientôt partir !" Concentrée, elle ne dit mot. La femme qui a fait la remarque tout à l'heure me tire par la manche. Elle montre Hocha et dit : "Finish !" Je lui réponds : "O.K. Tamam, tamam !"

Persuadé que nous devons partir, j'annonce à Hocha :

- "Nous partons maintenant ! Je t'expliquerai après, d'accord ?"

Cette fois, elle me regarde et me répond : "Oui, d'accord, si tu veux..."

 

 

Mais elle ne comprend pas ma décision.

Alors je me tourne vers la deuxième adolescente :

- "Nous sommes désolés mais nous devons partir. Pour le dessin, ce sera possible demain ! N'est-ce-pas Hocha ?"

Hocha confirme et donne le beau portrait à sa destinataire. Je ramasse nos vêtements et affaires.

 

 

La femme revient à la charge, avec son mot fétiche : "Finish !"

Nous ne pouvons partir immédiatement. Le modèle de Hocha, ravie de son portrait, exige d'être photographiée entre nous deux. D'autres jeunes, garçons et filles, veulent la même chose. Après quatre ou cinq photos, nous traversons le jardin, salués par nos jeunes amis.

 

 

Je donne alors mon point de vue à Hocha. Nous avons été chaleureusement accueillis dans cette fête par hospitalité. Mais après une demie heure, certains ont reclamé notre départ pour rester entre eux. Cette préférence est compréhensible.

Enchantés par cette soirée imprévue, nous bavardons de son portrait, de musique et de danse. Nous sommes vite à l'hôtel. Dans notre dortoir, Hocha raconte aux deux autres Coréens nos aventures.  N'y comprenant rien, je préfère aller chanter sous la douche une prière, improvisée, naturellement.

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 20:27, le 3/11/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
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MADRASSA RUSTEM PACHA par SINAN (Istanbul).

 

 

 

 

 

 

MADRASSA RÜSTEM PACHA

 

 

PAR SINAN

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

ESPRIT DE GÉOMÉTRIE

 

 

 

 

De la géométrie avant toute chose !

À l'entrée de cette madrassa, j'éprouve une joie, une jubilation peu ordinaires. Comme à la vue d'une rotonde de Nicolas Ledoux. Mon esprit de géométrie exulte.

Ce diable de Sinan sait faire danser les figures et sa science des matériaux est profonde.

 

Je me récite aussitôt un poème, une cadence de huit vers, comme une déclaration d'amour.

L'octosyllabe.

Le mètre du Verbe.

La cadence du cavalier que rien n'arrête.

 

 

 

2

 

 

 

DÉCLINAISON DE L'OCTOGONE

 

 

 

Dans cette cour, Sinan décline l'octogone sans règle ni compas, pour le plaisir de la scantion. Il s'amuse avec l'espace.

La cour est un cloître, octogone parfait, dont chaque côté groupe trois arcades.

Chacune des vingt-quatre arcades est surmontée d'une coupole.

 

 

Au centre de la cour, nouvel octogone de pierre : une fontaine aux ablutions, dotée de huit robinets. Son toit est pyramidal.

Deux arbres, entourés d'un parterre octogonal de pensées jaunes et mauves, voisinent avec des bacs de fleurs et de cyprès.

À la périphérie de la cour, tables, chaises, fauteuils et une banquette, sur des planchers de bois, invitent à l'étude, à une discussion ou à boire le thé.

 

 

Ce lieu merveilleux devient aussitôt un de mes préféréà Istanbul.

Je n'avais jamais vu un plan octogonal dans une madrassa. L'harmonie qui s'en dégage réjouit la moëlle épinière.

 

 

 

3

 

 

 

ACCUEIL

 

 

 

Cette madrassa de Rüstem Pacha est construite à Cagaloglu, entre Sultanahmed et Eminönü.

Le gendre de Soliman le Magnifique l'a commandéà Sinan en 1550, quelques années avant la mosquéà son nom.

 

 

Une jeune Turque me présente la madrassa, m'offre une revue sur une conférence internationale et une biographie en anglais de Saïd Nursi. En effet, une exposition présente sa vie et son oeuvre actuellement.

Je m'assieds très vite sur la banquette de la cour, où je lis et j'écris une heure.

Tuba revient pour discuter. Je lui donne finalement l'adresse du blog pour les photos et de courts poèmes. Elle pourra peut-être en comprendre un ou deux.

 

 

Tuba s'adresse aux visiteurs, en grande majorité des Turcs. Malgré sa timidité, elle communique correctement en anglais avec quelques visiteurs étrangers. 

Un serveur m'apporte du thé. Un visiteur turc, venu avec femme et enfant, discute avec moi un moment. Il me conseille de changer de quartier si je désire prolonger mon séjour à Istanbul. Sultanahmed est trop cher...  

Dix minutes après son départ, je m'éclipse en me promettant de revenir régulièrement.

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 08:19, le 28/10/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
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LES ARCHITECTES DE SAINTE-SOPHIE

 

 

LES ARCHITECTES

 

 

DE SAINTE-SOPHIE

 

 

 

 

1

 

 

 

UNE INJUSTICE, CELA SE CORRIGE

 

 

Pourquoi le nom des deux architectes de Sainte-Sophie n'est-il pas connu de tous ?

Ce bâtiment crée un style, le futur style byzantin. Il a influencé l'architecture mondiale, en Europe chrétienne (Venise) et dans le monde musulman.

Sa célébrité est universelle.

De nombreux architectes, tels Sinan, rêveront d'égaler Sainte-Sophie. Plusieurs sultans, dont Ahmed Ier, feront construire des mosquées dans le seul but d'égaler la réussite d'Aghia Sophia.

 

 

En général, on sait que l'empereur Justinien a décidé la construction de Sainte-Sophie.

Certains savent que c'est à la suite de la révolte de Nika en 532, qui avait détruit l'église de la Sainte Sagesse.

Lors d'une course de chars dans l'hippodrome, une insurrection contre Justinien embrase Constantinople. En six jours, dix mille personnes sont tuées et de nombreux bâtiments sont détruits.

Mais comment s'appellent les architectes de ce chef-d'oeuvre ?

Mystère !

 

 

Cet article veut corriger une injustice et remettre à leur véritable rang, des personnalités trop ignorées.

Partons à la recherche d'Anthémios de Tralles et d'Isidore de Millet.

 

 

2

 

 

 

ANTHÉMIOS DE TRALLES

 

 

 

Né en Lydie à Tralles dans la seconde moitié du Vème siècle dans une famille extrêmement cultivée. Fils d'un médecin de Tralles (aujourd'hui Aydin), ses frères sont également brillants : deux médecins  (Dioscore et Alexandre), un grammairien (Métrodore) et un juriste (Olympios).

 

 

Excellent mathématicien, il réalise des recherches sur les coniques. Il élabore un procédé pour tracer une ellipse. Il étudie les propriétés focales d'une parabole et conçoit des miroirs paraboliques pour concentrer les rayons du soleil : les "miroirs ardents".

Il écrit un traité sur les machines remarquables.

Anthémios raconte comment Archimède incendie les voiles des galères romaines, assiégeant Syracuse, grâce à des miroirs ardents.

 

 

À Athènes, Anthémios dirige l'Académie platonicienne.

Appelé à Constantinople, il devient avec Isidore de Milet, Chrysès d'Alexandrie et quelques autres, l'architecte officiel de Justinien.

Agathias assure qu'il est un architecte très demandé. L'église Saints-Serge-et-Bacchus est sans doute de lui et d'Isidore de Milet.

Il devient célèbre quand Justinien le choisit pour construire Sainte-Sophie entre 532 et 537 avec Isidore.

Mais il meurt vers 534.

L'empereur l'emploie également comme ingénieur, pour réparer les digues de la forteresse de Dara, entre autres. 

 

 

 

3

 

 

 

ISIDORE DE MILLET

 

 

 

Il enseigne la géométrie et la physique à Alexandrie.

Il continue son enseignement à Constantinople. On lui doit une édition d'Archimède, dont se sert pour son commentaire son élève Eutokios d'Ascalon vers 500.

L'auteur du XVe livre des Eléments (Stoichéia), attribuéà Euclide, est un de ses élèves, qui se réfère aux règles que son maître a établies pour le tracé des triangles isocèles.

 

 

En architecture, il écrit des commentaires sur des livres d'architecture d'auteurs anciens. Par exemple, les Voûtes (Kamarika) de Héron d'Alexandrie (Ier siecle). Il décrit un compas, spécialement conçu pour tracer des paraboles.

 

 

Il construit plusieurs églises à Constantinople, comme Saint-Serge-et-Bacchus (527/536).

Il devient célèbre par la construction de Sainte-Sophie entre 532 et 537, avec Anthémios de Tralles.

Après la mort de ce dernier, il achève seul la construction, notamment la coupole, la partie la plus délicate.

 

 

 

4

 

 

 

L'OEUVRE D'ANTHÉMIOS ET D'ISIDORE

 

 

 

Justinien veut construire le plus beau bâtiment de l'univers et surpasser le Temple de Salomon de Jérusalem.

Il met le trésor à la disposition de l'architecte Anthémios de Tralles et du mathématicien Isidore de Millet.

On fait courir la légende que l'empereur a reçu d'un ange le plan de l'édifice et l'argent nécessaire à sa construction.

La réputation d'Isidore et d'Anthémios en souffre...

 

 

Dans "Sur les monuments", l'historien Procope de Césarée raconte que Justinien fait venir plus de cent colonnes hellénistiques du temple d'Artémis à Éphèse, la quatrième des sept merveilles du monde. Il se sert aussi dans les temples d'Athènes, de Délos, d'Héliopolis (Phénicie),...

Les murs sont recouverts de marbres polychromes : porphyre d'Égypte, marbre blanc de Marmara, marbre vert de l'île d'Eubée, marbre jaune d'Afrique, des pierres noires de la région du Bosphore,...

 

 

Une vaste esplanade, recouverte d'une sorte de ciment formant une couche de vingt pieds d'épaisseur, sert d'assise à la construction.

Le chantier emploie cent maîtres d'oeuvre, qui encadrent plus de dix mille ouvriers. Il dure près de six ans.

 

 

Anthémios et Isidore s'inspirent peut-être des théories de Héron d'Alexandrie pour réaliser un dôme couvrant un très large espace dégagé.

L'église n'a pas de plan basilical, mais possède un plan byzantin très particulier. Un plan centralisé recueille la nef sous un dôme central.

 

 

Ils s'inspirent du Panthéon de Rome et de l'art chrétien occidental.

La nef de 70 m de côté est coiffée de la plus grande coupole du monde, de 38 m de diamètre.

Une couronne de 40 fenêtres renforce l'effet aérien de la coupole qui semble flotter.

Deux demi-coupoles soutiennent la coupole principale.

 

 

Pour la première fois dans l'histoire de l'architecture, ils construisent un dôme central colossal de 38 mètres de diamètre.

Mais ils ne maîtrisent pas totalement la technique pour cette construction inédite. Le dôme exerce une énorme pression sur les murs latéraux, qui sont fragilisés.

 

 

Coupe de Sainte-Sophie
Plan de Sainte-Sophie sous Justinien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 537, Justinien inaugure Sainte-Sophie en grande pompe.

 

 

 

5

 

 

DÉGÂTS ET RECONSTRUCTION

 

 

En 558, un séisme provoque l'effondrement du dôme central. Justinien demande à Isidore le Jeune, neveu d'Isidore de Milet, sa reconstruction.

Il augmente l'épaisseur des arcs nord et sud.

Grâce à des matériaux plus légers, le dôme est rehaussé à une hauteur de 55,6 mètres, mais son diamètre est inférieur de 7 m.

La nouvelle coupole est terminée en 563.

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 20:02, le 24/10/2012 dans B14. ISTANBUL, Istanbul
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