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"JE N'ENSEIGNE PAS, JE RACONTE" (MONTAIGNE). VAGABONDER vers le SOLEIL LEVANT sur la CROUTE du MONDE : PARIS, PRAGUE, BUDAPEST, SOFIA et RILA, ISTANBUL, APHRODISIAS, PAMUKKALE, KONYA, la CAPPADOCE (GOREME, PASABAG, ZELVE, CAVUSIN, NEVSEHIR, KAYMAKLI), l'ARMÉNIE et la GÉORGIE (UN PEU PARTOUT !)


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VISAGES EN LIBERTÉ (essai) (Géorgie, Tbilisi, avril 2013)

 

 

 

VISAGES

 

 

EN LIBERTÉ

 

 

(essai)

 

 

 

 

 

1

 

 

 

Après un mois de classes dans la base aérienne de Chartres, je suis libre !

Trente jours d'enfermement des corps dans l'uniforme, avec des bidasses, sous le joug des règlements militaires.

Parmi les centaines de mâles, passionnés de foot, de bagnoles et de revues pornos, quelques femmes, objets des convoitises.

Un car nous dépose à la gare.

 

 

Dans le train pour Paris, je regarde les visages, avec avidité. Comme un rescapé du désert, errant dans l'oasis. 

Des visages de femmes.

Leur variété m'enchante.

Je jubile, contemple ces merveilles, libres d'aller et venir parmi les civils.

 

 

Avec une joie d'encyclopédiste, je récapitule l'incroyable galerie des visages.

Chacun regarde le monde de son point de vue, continue sa vie quotidienne, ignorant ma soif de collectionneur désintéressé.

Soif inaltérable de liberté.

 

 

 

2

 

 

 

Qui sommes-nous ?

Certains pensent aux autres comme à des visages.

Rien que des visages.

Un visage laid devient laideur.

L'être se réduit à la surface expressive d'une tête.

Une variante inoffensive des coupeurs de têtes ?

 

 

Ce sont des natures esthétiques, aimantées par la beauté.

C'est leur boussole, leur principe directeur.

Qu'est le bien, sinon une dépendance de la beauté ?

Le beau tient lieu de foi et de vérité.

 

 

 

3

 

 

 

D'autres pensent autrui comme un visage prolongé d'un corps. Ils voient le visage, mais ils pensent au corps sous les vêtements.

Si le visage leur plaît, ils apprécient de belles jambes, des seins développés, des fesses fermes sous les reins cambrés.

 

 

Ces voyeurs aux mains balladeuses guettent les changements d'un visage dans l'amour physique.

Il leur faut de la lumière.

Acharnéà pénétrer un corps, ils décryptent un visage, miroir sensible, troublé et révélateur de leur pouvoir.

Ils jouissent d'un visage écartelé de volupté.

 

 

 

4

 

 

 

Les démocrates du sexe sont plus prosaïques.

Les icônes de Sainte-Nitouche ? Au placart !

Ils flairent les femmes au tempérament de feu, aux corps de juments en chaleur

Ils veulent de la chair malaxée et béante, des cris de goret égorgé, une spirale échevelée de coïts.

 

 

Une femme délaissée est parfois une bonne affaire, avide de  sexe. Quel gaspillage !

Ce serait dommage de ne pas leur donner ce qu'elle veulent.

 

 

 

5

 

 

 

Certains visages nous hantent, impriment notre cerveau au fer rouge.

Et le monde surgit à travers ce prisme magique.

Est-ce une possession ?

La plaisanterie d'un cerveau malicieux ?

Le charme nous manipule comme marionnettes, mais nous faisons bonne figure, en attendant de jouer les rebelles.

 

 

Un visage nous manque et tout est dépeuplé.

Nous expérimentons la dépendance.

La solitude nous pèse, vire à l'isolement, devient voie sans issue. L'impair perd et passe.

Obsédés de couple, nous jouons notre cœur sur une paire magique.

 

 

La médiation d'un visage nous fait prendre de la distance envers nous-même.

Elle relativise notre importance.

Ne sommes-nous pas gorgés d'auto-illusions ?

 

 

Un visage comme reflet de la divinité ?

Divinité sexuée, d'un genre complémentaire.

Mais la recherche s'enclenche, nous retrouvons le goût de la source, la soif de comprendre quelque chose de l'inconditionné.

 

 

 

6

 

 

 

Impossible de voir notre visage, sinon dans un miroir ou à la surface d'une eau paisible.

Cette impossibilité est une force.

Narcisse s'amourache de sa propre image. Sa déchéance en découle.

 

 

Tomber amoureux du visage d'une personne est ouverture, élargit le monde.

La vie s'enrichit d'une dimension supplémentaire.

Du moins, si nous cherchons derrière son visage un être réel, imparfait, une créature éphémère.

 

 

Nous ne voyons pas notre visage.

Qu'y a-t-il derrière nos yeux ? Dans ce cerveau qui envisage le monde d'un point de vue particulier ?

Et s'il n'y avait rien ?

Et si le vide était au cœur de cette personnalité, dont nous sommes si fiers ?

Un vide vibratoire, qui donne l'impression que nous sommes des êtres indubitables ?

 

 

Tournés vers les autres, nous oublions ces questions d'origine par l'action.

Les visages d'autrui nous préoccupent davantage.

Ce sont choses humaines, que nous pouvons palper, caresser, où nos doigts suivent le cours du temps au long de rides émouvantes.

 

 

 

7

 

 

 

Certains ne peuvent se voir en photo ou en film sans gémir.

Ils ne s'aiment pas.

Ils se trouvent quelconques, laids, voire repoussants.

Pourquoi la nature leur impose-t-elle ce corps de misère ?

Ce visage dont les autres ne veulent pas.

 

 

Alors ils se réfugient dans l'isolement, deviennent des punaises de sacristie ou de grands écrivains.

 

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 

17/04/2013: MIRAGES, Ô MES VISAGES (poème)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Publié à 08:59, le 18/04/2013 dans A3. LITTERATURE : liens, Tbilissi
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