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"JE N'ENSEIGNE PAS, JE RACONTE" (MONTAIGNE). VAGABONDER vers le SOLEIL LEVANT sur la CROUTE du MONDE : PARIS, PRAGUE, BUDAPEST, SOFIA et RILA, ISTANBUL, APHRODISIAS, PAMUKKALE, KONYA, la CAPPADOCE (GOREME, PASABAG, ZELVE, CAVUSIN, NEVSEHIR, KAYMAKLI), l'ARMÉNIE et la GÉORGIE (UN PEU PARTOUT !)


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ENVOYÉ DE DIEU (AKHALTSIKHE) (Géorgie, 01.13)

 

 

 

ENVOYÉ DE DIEU

 

 

(AKHALTSIKHE)

 

 

 

 

1

 

 

 

INVITATION

 

 

 

La réceptionniste me tend le téléphone et la conversation s'engage en anglais :

- "Allo ? Bonjour, j'espère que votre voyage s'est bien passé. Si vous ne pouvez payer 30 laris, que dites-vous de 20 laris ? C'est très bon marché pour une telle chambre !"

- "Pour 20 laris, je suis d'accord."

- "Très bien, aujourd'hui est un jour spécial, nous préparons Noël. Je vous invite à nous rejoindre ! Venez chez moi, la dame va vous conduire !"

 

 

La voix est enjouée, j'imagine une femme de 25 à 30 ans au bout du fil. Qui donc est cette Kate ?

Après mon inscription, la réceptionniste m'ouvre une chambre, grande pièce avec deux lits et une salle d'eau attenante. Je pose mon sac. Pas le temps pour une douche.

Avec mon guide, allons voir cette Kate.

Mais un retour en arrière s'impose.

 

 

 

2

 

 

 

ARRIVÉÀ AKHALTSIKHE

 

 

 

Après la visite de Vardzia, j'arrive à Akhaltsikhe en fin d'après-midi. De la gare routière, je franchis le pont au-dessus de la Koura vers le centre ville.

Je passe sous le nez de deux statues monumentales. Celle de la reine Tamar, héroïne du XIIeme siècle, à qui j'ai pensé à Vardzia. Puis celle du grand poète Shota Rustaveli.

Je remonte la rue la plus animée et trouve un hôtel jaune, tout neuf. Pas besoin d'entrer, trop cher pour moi !

 

 

Plus haut sur l'avenue, un hôtel ayant beaucoup vécu me sied davantage. 

Portes réticentes, marches de marbre usé par l'usage.

À l'étage une vieille réceptionniste parle mal l'anglais. Elle affiche 30 laris sur sa calculette.

- "C'est trop cher ! Pour moi seul, je loue un lit pour 15 laris en Géorgie..."

- "Le prix de la chambre est de 30 laris, pour deux personnes."

- "15 laris par personne, donc. C'est le prix que je souhaite payer !"

 

 

La femme me regarde, songeuse.

- "De quel pays êtes-vous ?"

- "De France, j'habite à Paris."

Je m'apprête à repartir.

Mais elle fait un geste de la main pour me signifier d'attendre et s'empare du téléphone. Suit une conversation en géorgien, à laquelle je ne comprends rien.

Enfin, elle me tend le combiné en précisant : "C'est Kate."

 

 

 

3

 

 

 

BUFFET ET CHANTS CHEZ KATE

 

 

 

L'appartement de Kate est situé à une vingtaine de mètres de l'hôtel, au troisième étage.

La réceptionniste l'appelle de la cour. Personne ne répond. Elle se résoud alors à monter les escaliers jusqu'à sa porte.

Une femme brune aux cheveux mi-courts ouvre et m'accueille avec un grand sourire :

- "Hello ! Venez, je vais vous présenter aux invités !"

 

 

Elle remercie la réceptionniste, qui regagne l'hôtel, et annonce au salon :

- "C'est un ami !"

Sept personnes occupent des chaises à la grande table et trois jeunes femmes ont choisi la banquette.

À part Kate, personne ne semble parler anglais...

 

 

Plongé dans une famille géorgienne, après des heures de minibus, je m'adapte grâce à sa gentillesse. 

Kate me présente sa soeur Nona et son fils Guja.

Elle me prie de choisir parmi les nombreux plats et les boissons du buffet. Honneur au voyageur inattendu !

 

 

L'information circule vite : je suis Français. Cela plaît. 

Trois enfants viennent me regarder de près, puis repartent jouer dans leur chambre.

Malgré tous les plats alléchants, je n'ai pas faim. La situation et les relations entre les personnes présentes m'intéressent davantage.

 

 

On mange, on boit et les hommes portent des toasts.

La tradition de la Tamada bat son plein en cette semaine de fêtes, entre le 1er et le 7 janvier (Noël orthodoxe).

Assis en face de Kate, un homme gros et jovial multiplie les toasts. L'alcool aidant, il abuse de la parole. Entre les voeux de nouvel an 2013 et la naissance du Christ, les sujets d'inspiration sont porteurs.

Une blonde, choquée par son débordement verbal, lui fait de gros yeux...

 

 

Presque tous les invités sont des amis de Kate, membres de la chorale qu'elle dirige. Pendant plus d'une heure, conversation et toasts sont entrecoupés de chants folkloriques ou religieux.

Le porteur de toasts, ténor impressionnant, joue la vedette masculine. Les jeunes femmes de la banquette se lèvent et l'entourent quand  Kate commence un nouveau chant.

 

 

Le spectacle improvisé m'enchante, j'en oublie de manger.

Mais le vin géorgien se laisse boire. Kate me remplit un second verre avec de l'eau de Borjomi.

- "Il faut passer avec nous la nuit de Noël ! Nous allons chanter dans une petite église jusqu'à cinq heures du matin !"

Cela m'obligerait à dormir quatre nuits à Akhalsikhe, au lieu d'une ou deux... Mais cela me tente diablement !

 

 

Le fils de Kate a 25 ans et travaille dans un théâtre.

- "C'est un génie !", précise Kate. Son visage porte les cicatrices d'un grave accident de la route.

Guja écoute davantage qu'il ne parle.

Avec un ami de son âge, ce sont les seuls à ne pas chanter. 

Même la blonde ronchon chantonne parfois.

Mais Guja porte aussi un toast, apprécié de tous, beaucoup moins volubile que ceux de son voisin. Sa personnalité, habituée à la vie intérieure, me plaît.

 

 

La soeur de Kate, Nona, entre au salon, avec ses deux filles.

- "C'est une artiste peintre !", explique Kate en désignant plusieurs toiles accrochées aux murs.

Les fillettes chantent en duo en se tenant la main. Elles se débrouillent très bien, connaissent les paroles par coeur, n'hésitent jamais.

 

 

J'interroge Kate : 

- "Ont-elles appris ces chansons à l'école ?"

- "Non. Nous chantons en famille. C'est leur mère et moi qui leur avons appris ces chants."

 

 

En deux heures, certaines personnes entrent au salon, pour quelques minutes. Plusieurs chanteurs partent peu avant moi.

Je goûte finalement au saumon, à plusieurs légumes, mais je préfère une mandarine aux pâtisseries. 

 

 

Avant de s'en aller avec son ami, Guja m'explique dans un anglais peu assuré : "Vous êtes le bienvenu dans cette maison. Nous croyons que l'invité inattendu est un envoyé de Dieu."

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 

14/01/2013: MONASTÈRE DE SAPARA (16 PHOTOS)

13/01/2013: MONASTERE DE SAPARA 2 (7 PHOTOS)
9/01/2013: FORTERESSE D'AKHALTSIKHE (15 PHOTOS).
8/01/2013: FORTERESSE D'AKHALTSIKHE (2) (14 PHOTOS).
6/01/2013: UNE GEORGIENNE AU COEUR D'OR (AKHALTSIKHE)

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Publié à 12:41, le 5/01/2013 dans B17. GEORGIE, Akhalts'ikhe
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