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CHATS D'ISTANBUL (3 PHOTOS).

 

 

 

 

 

 

CHATS D'ISTANBUL

 

 

 

 

 

 

 

 

À Bastet, déesse des chats.

 

 

 

 

1

 

 

 

Où que j'aille à Istanbul, je me heurte aux yeux des chats.

Des yeux bleus, gris, verts, jaunes, des yeux de Sphinx qui interrogent.

Qui es-tu, toi, dont je croise le regard ?

Quelle sans gêne !

Qui es-tu et que fais-tu de tes mains ?

 

 

Partout, les yeux des chats suivent le moindre de mes gestes, comme si je marchais dans un champ de mines avec des foulées ralenties de fantôme en surcis.

Va-t-il exploser sous nos yeux, ce maladroit, qui avance en bulldozer sans aucune précaution élémentaire ?

 

 

Leurs yeux me posent l'énigme des énigmes.

Leur solitude interroge la mienne en abysse, dans un silence sans pesanteur.

Quel est ce mystère ?

Qu'est-ce qu'une rencontre entre chats et humains ?

 

 

Où que j'aille à Istanbul, des yeux pailletés d'or prennent mon corps dans leurs projecteurs de phosphore, me posent en silence la question des questions.

 

 

 

2

 

 

 

Les chats sont les véritables habitants d'Istanbul.

Combien sont-ils ?

J'en croise dans tous les coins, une cinquantaine par jour au minimum. Souvent le double.

En majorité, ils sont jeunes, maigres, rayés de gris.

 

 

Le vie de rue étant quête incessante de nourriture, ils cherchent à se remplumer. Sans oublier les caresses, dont nombre de châtons semblent manquer.

Manger et se faire dorloter, voilà un programme qui convient parfaitement aux chats les plus indépendants.

 

 

À l'Orient Hostel, un châton a fréquenté trois jours notre dortoir. Ce pacha aimait à se prélasser sur le lit d'une Japonaise. 

On a dû le prier de montrer patte blanche et de chercher un autre gîte...

 

 

Ces mendiants dignes espèrent recevoir quelque chose, sans s'abaisser ni miauler piteusement. Ils tentent une manoeuvre  d'approche, frôlent leur client, font connaissance.

Si la réaction est négative ou indifférente, ils vont voir ailleurs.

Apprivoiser un châton affectueux semble aisé.

Mais - à supposer qu'il accepte de voyager - qu'aurais-je fait d'un chat au passage de la prochaine frontière ?

 

 

 

3

 

 

 

   

 

 

 

Les Stambouliotes nourrissent convenablement leurs chats, y compris les traîne-misère, d'une maigreur significative .

J'en ai souvent la preuve dans les cimetières, les parcs et jardins, dans rues et ruelles des quartiers traversés.

Je ne pense pas qu'ils s'occupent aussi bien des chiens. Sinon, les chiens seraient plus nombreux.

Deviendrais-je sur ce point musulman ?

 

 

Les Turcs connaissent nombre d'histoires à leur sujet.

Célèbre pour son amour des chats, Mahomet les déclarent sacrés. Il interdit de les tuer, de les maltraiter et recommande d'en prendre soin. 

Un jour, un chat le protège en attaquant un serpent qui le menaçait. Mahomet poursuit sa route. Après réflexion, il rebrousse chemin, pour constater que le chat est mort. Et que le serpent a disparu.

Plusieurs anecdotes racontent la grande affection du Prophète pour sa chatte Muezza.

Selon cette tradition, on protège les chats dans le monde musulman.

 

 

 

4

 

 

 

Jeune, j'aimais beaucoup les chiens.

Mais l'obsession des hommes à les dresser en gardien agressif du logis m'écoeure. Aboyer pour dissuader quiconque d'entrer dans le territoire de son maître, qu'est-ce, sinon une attitude de larbin ?

Les pancartes "Attention ! Chien méchant !" sont d'une hypocrisie typiquement humaine.

 

 

Depuis une dizaine d'années, je préfère résolument les chats aux chiens. Les chats sont silencieux.

Ils apprécient les caresses, comme des dieux adorent les offrandes, avec plaisir et détachement.

Leur ronron extatique est une incitation à continuer, pour la main qui les caresse si bien.

 

 

A-t-on vu un chat sauter, faire des cabrioles pour fêter la venue de son maître ?

Imagine-t-on un chat faire le pître ?

 

 

Les hommes n'ont pu transformer les chats qu'en chasseurs de souris ou de serpents.

Du moins, quand ils le veulent bien.

Ces chasseurs sans collier restent indépendants.

Les esclaves tenus en laisse n'ont ni avenir, ni destin digne de ce nom. 

 

 

Où que j'aille à Istanbul, des yeux de chats pailletés d'or prennent mon corps dans leurs projecteurs de phosphore, me posent en silence la question des questions.

 

 

 

LIENS avec ce TEXTE :

 

7/11/2012: CHAT ET MOINEAU (poeme) (Istanbul, 16.XI.2012).

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

  

 



Publié à 14:43, le 11/10/2012 dans A3. LITTERATURE : liens, Istanbul
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